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La Cour suprême renforce le droit de prier


La Cour suprême des Etats-Unis a confirmé le droit de réciter des prières dans les assemblées locales et au Congrès, à l’ouverture de leurs séances de travail. Il ne s’agit point, selon la majorité des neuf sages, d’une violation des principes de la liberté de religion garantis par le Premier amendement à la Constitution.

Cet amendement dit clairement que « le Congrès ne fera aucune loi pour conférer un statut institutionnel à une religion ». Pour la majorité, cinq juges conservateurs –des Catholiques, pour la plupart - il n’y a pas violation, tant qu’on ne fait pas du prosélytisme.

L’affaire concerne une plainte déposée par 2 habitantes de la petite localité new-yorkaise de Greece, une athée et une juive, qui estimaient qu’en réalité il y avait prosélytisme chrétien tous les mois, chaque fois que leur conseil municipal siégeait. Pendant huit ans, ces prières sont restées exclusivement chrétiennes. Pour Linda Stephens et Susan Galloway, elles devaient être clairement séparées des débats politiques et être au minimum non confessionnelles.

Mais pour la Cour suprême, les prières en question constituent une pratique acceptée « depuis les premiers jours de cette nation … et par les pères fondateurs » de la Constitution américaine. Ils ajoutent que « l'histoire et la tradition du pays » montrent que les prières peuvent « cohabiter avec les principes de liberté de culte ».

Les 4 juges progressistes - 3 juifs et un catholique - ont appuyé la position de Stephens et de Galloway. Pour citer la juge Elena Kagan, « les prières de la ville de Greece violent la règle d'égalité religieuse - l'idée constitutionnelle extraordinairement généreuse que nos institutions publiques n'appartiennent pas plus aux bouddhistes ou aux hindous qu'aux méthodistes ou aux épiscopaliens ».

L’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), Ong dédiée à la défense des libertés civiles, a estimé que la décision donne « assurément plus de latitude aux conseils locaux pour imposer une religion majoritaire ».

Bien que la décision de la Cour suprême ne s’applique qu’aux prières dans les assemblées locales ou au Congrès, d’aucuns craignent qu’elle ne soit exploitée par ceux qui cherchent à promouvoir la religion dans d’autres contextes.
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