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La controverse sur la réforme de la police new-yorkaise se poursuit


La politique de "stop-and-frisk" suscite une vive controverse, même si le maire Michael Bloomberg la défend fermement

La politique de "stop-and-frisk" suscite une vive controverse, même si le maire Michael Bloomberg la défend fermement

Dans l’attente de la prise de fonction du nouveau maire de New York, le démocrate Bill de Blasio, la bataille pour la réforme du Département de la police new-yorkaise (NYPD) se poursuit.

L’enjeu n’est autre que la pratique controversée de « stop and frisk », littéralement, arrêter et fouiller des passants, histoire de s’assurer entre autre qu’ils ne dissimulent pas des armes illicites. Le maire sortant, Michael Bloomberg, défend mordicus cette pratique, à laquelle diverses organisations communautaires et groupes de défense des droits civiques s’opposent vivement, au motif qu’elle est discriminatoire, voir raciste.

En août, une cour d'appel a désavoué une juge fédérale de première instance qui avait estimé inconstitutionnelles ces fouilles impromptues par la police new-yorkaise. La juge Shira Scheindlin avait estimé que les plus hauts responsables de la municipalité de New York avaient « volontairement ignoré » le fait que la police se livrait à des pratiques discriminatoires.

Il faut dire qu’un procès intenté au civil contre la politique de « stop and frisk » avait déterminé qu’entre 2004 et 2013, 80 % des jeunes gens interpellés par la police new yorkaise et fouillés étaient des non caucasiens – soit noirs, soit hispaniques. « Ils n’auraient pas été arrêtés s’ils étaient blancs », avait fait valoir la juge Scheindlin.
Par ailleurs, certains policiers s’étaient plaints d’avoir des quotes-parts à remplir. L’un d’eux avait évoqué un minimum de 25 interpellations par mois, faute de quoi, il aurait risqué des mesures de discipline.

M. Bloomberg, et le commissaire de police de New York, Raymond Kelly, avaient rejeté la décision du juge Scheindlin. Le maire sortant a fait valoir qu’au cours des dix dernières années, la criminalité a chuté à New York, en partie à cause des pratiques agressives de la police qui ont empêché nombre de jeunes gens de circuler, armés.

Fin octobre, la juge Scheindlin a été dessaisie du dossier pour ne pas avoir respecté le code de conduite des juges en donnant « l'impression d'être partiale dans ce dossier ».

Le nouveau maire, de Blasio, a promis de réformer la police dès qu’il prendra ses fonctions.
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