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La communauté internationale fustige l'appel à une nouvelle guerre au Soudan du Sud


L'ex-rebelle sud-soudanais Riek Machar parle au téléphone dans l'État de Jonglei, Soudan du sud, le 1 février 2014.

L'ex-rebelle sud-soudanais Riek Machar parle au téléphone dans l'État de Jonglei, Soudan du sud, le 1 février 2014.

La communauté internationale, dont l'Union européenne et les Etats-Unis, a vivement condamné l'appel de l'ex-chef des rebelles du Soudan du Sud Riek Machar à déclencher une nouvelle guerre contre le gouvernement sud-soudanais.

Fin septembre, Riek Machar, ancien vice-président sud-soudanais, avait annoncé son intention de "lancer une résistance populaire armée contre le régime autoritaire et fasciste du président Salva Kiir afin d'apporter au pays la paix, la liberté, la démocratie et le règne de la loi".

Il avait lancé cet appel depuis Khartoum (Soudan), où il vit en exil après des combats en juillet dans la capitale sud-soudanaise Juba, estimant que l'accord de paix obtenu grâce à la communauté internationale n'était plus valide.

Dans un communiqué commun transmis jeudi à l'AFP, l'UE, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Norvège, et plusieurs pays voisins du Soudan du Sud (Soudan, Ethiopie, Kenya et Ouganda) ont condamné "les appels de leaders de l'opposition à une reprise du conflit armé".

"La poursuite du conflit ne résoudra pas les défis politique et économique urgents du pays. Cela ne fera qu'empirer la souffrance du peuple sud-soudanais, aggraver la crise humanitaire et exacerber les tensions ethniques", souligne le communiqué.

"Nous sommes très inquiets des affrontements violents qui ont eu lieu dans le pays ces dernières semaines, notamment près de Yei, Wau, Bentiu et Nassir", ajoute le communiqué, dénonçant de graves violences perpétrées contre les civils.

Le Soudan du Sud a proclamé son indépendance en juillet 2011. La guerre civile qui a éclaté en décembre 2013 a fait des dizaines de milliers de morts, déplacé 2,5 millions de civils et provoqué une grave crise humanitaire.

Un accord de paix signé en août 2015 avaient fait naître de timides espoirs de pacification du pays, et fin avril 2016, M. Machar était revenu à Juba en tant que vice-président pour former un gouvernement d'union nationale avec le président Salva Kiir.

Mais la capitale a été le théâtre de violents affrontements début juillet entre les forces de M. Kiir et celles de M. Machar, qui ont fait des centaines de morts et plus de 70.000 réfugiés.

Les violences se poursuivent dans plusieurs régions. Ainsi, le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) s'est inquiété le 30 septembre de la situation d'environ 100.000 personnes "piégées" dans la localité de Yei (150 km aud sud-ouest de Juba), qui est encerclée par les forces gouvernementales sud-soudanaises.

L'ancien allié de Riek Machar, Taban Deng Gai, l'a remplacé en tant que vice-président du Soudan du Sud. On ignore pour le moment si les forces rebelles sur le terrain suivent M. Machar ou Taban Deng Gai.

Avec AFP

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