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La Chine réalise le mercato de tous les records et rêve du sommet du foot


Archives - Le gardien chinois Wang Dalei (à gauche) fait des gestes à la foule suite à la défaite de son équipe face au Japon aux Jeux Asiatiques de Guanghzou, en Chine, le lundi 8 novembre 2010.

Archives - Le gardien chinois Wang Dalei (à gauche) fait des gestes à la foule suite à la défaite de son équipe face au Japon aux Jeux Asiatiques de Guanghzou, en Chine, le lundi 8 novembre 2010.

Le record pour un transfert en Chine a été battu à quatre reprises durant le mercato qui s'achève vendredi soir, et culmine désormais à 50 millions d'euros

La Chinese Super League (CSL) a été le Championnat le plus dépensier du mercato d'hiver, loin devant la Premier League anglaise, selon des chiffres publiés vendredi, déboursant 331 millions d'euros et alimentant le rêve chinois de devenir une puissance mondiale du football.

Le record pour un transfert en Chine a été battu à quatre reprises durant le mercato qui s'achève vendredi soir, et culmine désormais à 50 millions d'euros, déboursés par le Jiangsu Suning pour Alex Teixeira (ex-Shakhtar Donetsk).

Par comparaison, les clubs de l'opulent Championnat d'Angleterre ont dépensé "seulement" 253 millions d'euros lors de leur marché hivernal des transferts, selon le site Transfermarkt.

La CSL, elle, a vu l'arrivée de 163 nouveaux joueurs, dont plusieurs étrangers de renom tels Ezequiel Lavezzi (ex-PSG), Ramires (ex-Chelsea), Jackson Martinez (ex-Atletico Madrid) ou encore Gervinho (ex-AS Rome).

Un flux alimenté par les ambitions du président chinois Xi Jinping, fan déclaré du ballon rond, qui a dit espérer voir la Chine organiser un jour puis gagner un Mondial.

Les clubs de CSL ont ainsi dépensé davantage au mercato que ceux de quatre championnats européens majeurs réunis (Italie, Allemagne, Espagne et France), l'Angleterre occupant une place à part.

Même la modeste China League One (D2 chinoise) a déboursé plus que la prestigieuse Bundesliga allemande (57 contre 53 M EUR).

La CSL a par ailleurs dépensé plus de la moitié de la somme totale, soit 169,5 M EUR, pour six joueurs étrangers -dont trois Brésiliens- presque tous issus de championnats européens.

- Juste devant les îles Féroé -

Pourtant, la Chine, désormais deuxième économie mondiale, peine à obtenir les mêmes résultats crampons aux pieds.

La sélection nationale, objet de fréquentes railleries, n'a participé qu'à une seule Coupe du monde, en 2002, et végète actuellement à une frustrante 93e place du classement Fifa, juste devant... les îles Féroé. Et derrière le Botswana.

Un statut indigne des ambitions présidentielles, et qui incite les grands patrons chinois à investir des sommes folles dans le football pour s'attirer les bonnes grâces du pouvoir.

Dans un livre, l'homme le plus riche de Chine, Wang Jianlin avouait ainsi sans détour: "Les dirigeants prennent cela très à coeur, et l'administration des sports m'a relancé à de nombreuses reprises, donc, j'offre mon soutien au football chinois."

Wanda, le groupe de cet ex-président de club, avait pris l'an dernier une participation de 20% dans l'Atletico Madrid, tandis qu'un consortium de fonds d'investissements étatiques menés par China Media Capital avait acquis 13% des parts de Manchester City.

- Beaucoup de 'si' -

Mais il faudra certainement attendre le mercato estival, où les transferts sont bien plus nombreux et la Premier League la reine traditionnelle, pour prendre une température plus réaliste de la bouillonante CSL.

"Il n'y a aucune raison suggérant que ces dépenses vont ralentir. En Chine, une fois qu'ils ont décidé de faire quelque chose, c'est à fond", estime David Hornby, directeur sport de Mailman, une entreprise de gestion de marque basée à Shanghai.

Mais si le cash chinois peut allécher les joueurs étrangers, sera-t-il suffisant pour atteindre la gloire sportive ?

Sven-Goran Eriksson, ex-sélectionneur de l'Angleterre et coach du Shanghai SIPG, avait estimé en début de semaine la Chine capable "d'être en course pour gagner une Coupe du monde" d'ici "10 à 15 ans", soulignant les investissements réalisés pour stimuler la pratique chez les jeunes.

Mais Mark Dreyer, bloggeur sportif à Pékin, est moins optimiste: "Je ne m'attends pas à voir la Chine gagner la Coupe du monde de mon vivant".

"Faire venir des vedettes étrangères ne va pas améliorer le niveau des joueurs chinois", ajoute-t-il.

"Si ces dépenses suscitent un intérêt retrouvé pour ce sport et permet d'élargir la base de supporteurs, et si les revenus ainsi générés sont ensuite investis massivement dans des secteurs comme les écoles de football pour les jeunes, alors cela pourrait bénéficier au jeu chinois sur le long terme", estime M. Dreyer.

"Mais cela fait beaucoup de si..."

Avec AFP

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