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La Centrafrique en proie aux violences depuis la chute de Bozizé


L'ancien président centrafricain, François Bozizé

L'ancien président centrafricain, François Bozizé

Rappel des événements en Centrafrique depuis le renversement en mars 2013 de François Bozizé par la rébellion Seleka, qui a depuis abandonné le pouvoir sous la pression internationale.

Le pays a sombré dans une grave crise, déclenchant des tueries de masse entre communautés musulmanes et chrétiennes. Le niveau des violences a depuis considérablement baissé, mais des groupes armés sévissent toujours dans plusieurs régions.

2013 : CHUTE DE FRANCOIS BOZIZE

Le 24 mars, les rebelles de la Séléka prennent Bangui, chassant le président Bozizé, au pouvoir depuis dix ans. Leur chef, Michel Djotodia, s'autoproclame président avant de suspendre la Constitution et dissoudre l'Assemblée nationale.

Début septembre, de violents affrontements entre ex-rebelles de la Séléka et groupes d'autodéfense - chrétiens comme la très grande majorité de la population - autour de Bossangoa (nord-ouest) font une centaine de morts.

Des milices chrétiennes d'auto-défense, les "anti-balaka", se sont créées en réaction aux exactions commises contre la population par les anciens Séléka depuis leur prise du pouvoir.

2013 : LA FRANCE LANCE L'OPERATION SANGARIS

Le 5 décembre, une explosion de haine embrase Bangui: des miliciens anti-balaka (anti-machettes), infiltrés dans la capitale, lancent une vaste offensive dans plusieurs quartiers de la capitale, massacrant de nombreux civils musulmans et entraînant des représailles sanglantes des combattants Séléka contre la population.

Quelques heures plus tard, la France, intervenue plusieurs fois déjà dans son ancienne colonie depuis son indépendance en 1960, lance l'opération Sangaris pour restaurer la sécurité, après le vote de l'ONU donnant mandat aux forces françaises pour intervenir.

2014 : DEMISSION CONTRAINTE DE DJOTODIA

Le 10 janvier, Djotodia, accusé par la communauté internationale de passivité face aux violences, démissionne sous la pression des dirigeants d'Afrique centrale et de la France. Le 20 janvier, la maire de Bangui, Catherine Samba Panza, est élue présidente de transition par le Parlement provisoire.

2014 : L'ONU REMPLACE L'UNION AFRICAINE

Le 15 septembre, la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca, 10.800 hommes actuellement) prend le relais de la force africaine Misca.

2015 : ENQUETE DE L'ONU

Le 8 janvier, une commission des Nations unies conclut que les deux camps ont commis des crimes contre l'humanité, y compris un "nettoyage ethnique", mais que l'intervention internationale a évité un génocide.

La commission, créée en janvier 2014, estime que le conflit a fait "des milliers de morts", sans doute plus de 6.000, et fixe comme priorité de "mettre fin à l'impunité".

Outre la crise sécuritaire et politique, le pays fait face à une crise humanitaire, des centaines de milliers de Centrafricains ayant été déplacés par les combats.

2015 : NOUVELLES VIOLENCES - VISITE DU PAPE

Le 26 septembre, début d'une flambée de violences à Bangui, provoquée par l'assassinat d'un conducteur de moto-taxi au PK-5, quartier majoritairement musulman qui fut l'épicentre des massacres inter-communautaires.

Quasi-quotidiennes, les violences entre jeunes musulmans proches de l'ex-rébellion Séléka et milices chrétiennes et animistes anti-balaka ont fait plus de 100 morts à Bangui depuis fin septembre.

Les 29-30 novembre, le pape François effectue une visite à Bangui, placée sous haute sécurité, dans le pays dans le cadre d'une tournée africaine. Il se rend notamment à la grande mosquée du PK5, l'enclave des musulmans de la capitale, quotidiennement harcelés par les miliciens chrétiens et animistes anti-balaka.

2015 : PROCESSUS ELECTORAL

Le 13 décembre, un projet de nouvelle Constitution est soumis à référendum. Le vote est émaillé d'incidents violents orchestrés par les opposants au processus électoral tant à Bangui qu'à l'intérieur du pays, notamment dans le Nord-Est.

L'adoption de la nouvelle Constitution à 93% ouvre la voie aux élections présidentielle et législatives dont le premier tour est fixé au dimanche 27 décembre. Les autorités ont toutefois proposé jeudi de décaler les scrutins au 30 décembre, invoquant des problèmes de formation des agents électoraux et d'acheminement du matériel électoral dans le pays.

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