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Les donateurs s'engagent à hauteur de 2,2 milliards de dollars sur trois ans en Centrafrique


Les présidents François Hollande et Faustin Touadera lors d'une conférence de presse à Bangui le 13 mai 2016.

Les présidents François Hollande et Faustin Touadera lors d'une conférence de presse à Bangui le 13 mai 2016.

Les donateurs de la République centrafricaine (RCA) se sont engagés jeudi Bruxelles à aider à hauteur de 2,2 milliards de dollars sur les trois prochaines années ce pays dévasté par la guerre, un résultat jugé positif par le président Faustin-Archange Touadéra.

Le montant est insuffisant pour réaliser l'intégralité du plan de redressement sur cinq ans (2017-2021) présenté par Bangui et chiffré à 3,1 milliards USD.

Mais il va permettre de remplir "les priorités des priorités, les actions d'extrême d'urgence", a expliqué le président Touadéra lors d'une conférence de presse, citant l'investissement dans l'armée et le désarmement des rebelles qui contrôlent encore "une bonne partie du territoire".

"La conférence a tenu toute sa promesse", s'est félicité le président Touadéra lors d'une conférence de presse. Jusqu'à présent, le montant des promesses de dons semblait incertain, ce pays africain de moins de cinq millions d'habitants ne figurant plus parmi les priorités diplomatiques.

Pour l'ouverture de la conférence de Bruxelles pour la République centrafricaine, Federica Mogherini, vice-présidente de la Commission européenne, s'ext exprimé sur la situation du pays.

"Il y a seulement trois années, la République centrafricaine était au bord du gouffre. Mais le peuple centrafricain a tourné la page. Il a accompli des progrès impressionnants avec le soutien de la communauté internationale. La République Centrafricaine s’est fièrement tournée vers la démocratie et l’état de droit.", a-t-elle déclaré.

Avant de relativiser : "Toutefois, les progrès en République Centre Africaine n’iront pas de soi. Les défis demeurent immenses. La moitié de la population centrafricaine dépend encore de l’aide humanitaire pour survivre. Plus de 380,000 hommes, femmes et enfants sont déplacés à l’intérieur du pays, et des milliers de centrafricains se trouvent encore dans les pays voisins. "

Elle rappelle que l'UE est "est le plus grand fournisseur d’aide internationale en Centrafrique", sur le terrain, avec " trois missions militaires et une mission d'observation électorale".

"Rien n'est acquis, on ne sait pas encore si on va atteindre ces chiffres", a déclaré à l'AFP le secrétaire d'Etat français au Développement André Vallini, voulant croire à une "mobilisation" des donateurs, "européens notamment".

"Je m'engage à ne pas décevoir les attentes (...), à veiller à l'utilisation judicieuse rigoureuse du fruit de l'expression de votre solidarité et de votre générosité", a plaidé pour sa part M. Touadéra dans son propos liminaire.

La Centrafrique, classée parmi les pays les plus pauvres du monde, peine à se relever du chaos de la guerre civile provoquée en 2013 par le renversement de l'ex-président François Bozizé par des rebelles séléka, majoritairement musulmans. Cela avait entraîné une contre-offensive des milices anti-balaka majoritairement chrétiennes.

L'intervention de la force française Sangaris --dont la mission a pris fin en octobre-- et de la force de l'ONU Minusca (12.000 hommes toujours déployés) a mis fin aux massacres, mais n'a pas réussi à stabiliser la situation sécuritaire.

L'aide internationale, a expliqué M. Touadéra, doit permettre d'"investir dans l'armée", et de réinstaller les déplacés internes et réfugiés centrafricains dans les pays voisins (Tchad, Cameroun), dont le total est estimé à 850.000 personnes.

Il s'agit aussi de contribuer à "la réconciliation".

Dans ce but, "la Cour pénale spéciale sera bientôt opérationnelle, matérialisant au-delà de tout autre discours notre profonde foi dans la lutte contre l'impunité", a affirmé le président.

La mise en place de cette juridiction, prévue par une loi de 2015 (avant l'élection du nouveau président), est vivement souhaitée par les ONG. Elle doit permettre de juger les crimes relevant du droit international.

La conférence des donateurs réunit "plus de 80 délégations" avec des représentants de l'ONU et de la Banque mondiale, selon la chef de la diplomatie de l'Union européenne Federica Mogherini.

La France qui a déjà consacré 75 millions d'euros la Centrafrique depuis 2014 (aide d'urgence et aide au développement) va s'engager jeudi pour "85 millions supplémentaires sur 2017-2019", a promis M. Vallini.

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