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La Belgique interdit la vente de produits pouvant servir à fabriquer des bombes


La police belge effectue une perquisition à Etterbeek, Bruxelles, Belgique, 9 avril 2016. epa/ STEPHANIE LECOCQ

La police belge effectue une perquisition à Etterbeek, Bruxelles, Belgique, 9 avril 2016. epa/ STEPHANIE LECOCQ

La Belgique va interdire dès juillet la vente de substances chimiques susceptibles d'être utilisées pour fabriquer des explosifs artisanaux comme le TATP, très prisé par le groupe Etat islamique (EI).

Un projet de loi interdisant la vente aux particuliers de sept produits a été approuvée vendredi par le conseil des ministres, a indiqué à l'AFP un porte-parole du ministre de l'Emploi et de l'Economie Kris Peeters.

Sont notamment concernés le peroxyde d'hydrogène (eau oxygénée), qui entre dans la composition du TATP, l'explosif préféré utilisé par les kamikazes de l'EI dans les attentats de Paris (130 morts en novembre) et de Bruxelles (32 morts en mars).

"La mise à disposition, l'introduction, la détention et l'utilisation" de six autres produits comme l'acide nitrique, le nitrométhane et quatre herbicides à base de potassium et de chlore seront également interdits pour le grand public, précise le ministère dans un communiqué.

La future réglementation prévoit aussi une obligation de signalement de transactions suspectes, disparitions et vols pour cette liste de produits, ainsi que pour huit autres substances, dont l'acétone, l'acide sulfurique, l'hexamine ou encore le nitrate de sodium.

Au lendemain des attentats de Bruxelles, quelque 150 litres d'acide sulfurique et 15 kg d'explosif de type TATP avaient été découverts par la police dans l'appartement de la commune bruxelloise de Schaerbeek d'où étaient partis les trois assaillants de l'aéroport de Bruxelles, où deux d'entre eux s'étaient fait exploser.

Les commerçants devront signaler aux autorités toute infraction aux nouvelles règles. "Ceci nous donne la possibilité d'intervenir quand un commerçant constate des actes suspects", a expliqué Kris Peeters, cité dans le communiqué.

En cas d'infraction, les sanctions peuvent atteindre des peines allant jusqu'à cinq années d'emprisonnement et 100.000 euros d'amende.

La loi prend exemple sur le règlement européen encadrant la vente de ces produits. Approuvée en commission du Parlement le 15 juin, elle doit encore l'être en séance plénière. Mais elle "sera appliquée en juillet", 10 jours après sa publication au Moniteur belge, le journal officiel du royaume, selon le ministère.

Frappée le 22 mars à l'aéroport et dans le métro, la capitale belge a connu depuis de nombreuses alertes terroristes et la police y multiplie les opérations, en particulier ces derniers jours.

Avec AFP

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