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La bataille pour Mossoul : ce que l'on sait


L'armée irakienne lance une roquette en direction des positions des militants de l'Etat islamique au cours d'une bataille près du complexe militaire de Ghozlani, au sud de Mossoul, en Irak, 23 février 2017.

L'armée irakienne lance une roquette en direction des positions des militants de l'Etat islamique au cours d'une bataille près du complexe militaire de Ghozlani, au sud de Mossoul, en Irak, 23 février 2017.

Les forces irakiennes sont entrées jeudi dans l'aéroport de Mossoul et semblaient sur le point de le reprendre au groupe Etat islamique (EI), leur dernière avancée en date dans l'offensive lancée en octobre pour chasser les jihadistes de la totalité de la ville.

Des dizaines de milliers de membres des forces progouvernementales sont engagées dans cette offensive, la plus grande opération militaire menée en Irak depuis plusieurs années.

La deuxième phase de l'offensive a été lancée le 19 février pour reprendre la partie occidentale de Mossoul, après l'annonce par le pouvoir de la reprise totale le 24 janvier de la partie orientale de cette deuxième ville d'Irak.

Où se trouvent les forces irakiennes ?

Les Forces d'intervention rapide (forces d'élite du ministère de l'Intérieur) ont pris d'assaut l'aéroport de Mossoul, située à la limite sud-ouest de la ville, après une progression rapide à partir du sud.

Elles ont été suivies des membres de la police fédérale. Elles ont rencontré peu de résistance de la part des jihadistes, mais doivent encore sécuriser tous les secteurs de l'aéroport désaffecté.

Simultanément, les forces les mieux préparées du pays, les unités du contre-terrorisme (CTS), ont attaqué plus à l'ouest et ont avancé en direction de la base militaire de Ghazlani.

Les forces paramilitaires Hachd al-Chaabi (Mobilisation populaire) ont continué à ratisser les zones désertiques situées encore plus à l'ouest et tentent de resserrer l'étau autour de Tal Afar, une grande ville toujours sous contrôle des jihadistes. Elles ont coupé la route entre Mossoul et Tal Afar, de même que les lignes de ravitaillement de l'EI avec la Syrie.

Les forces irakiennes reçoivent un important soutien aérien de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, de même que l'appui des hélicoptères de l'armée irakienne.

Des conseillers militaires américains ont été vus sur les lignes de front jeudi.

A quoi s'attendre dans l'ouest de Mossoul?

Un contrôle de l'aéroport permettrait aux forces d'élite d'enfoncer les limites de la ville sur la rive ouest du fleuve Tigre, qui coupe Mossoul en deux.

Les forces irakiennes pourraient aussi tenter d'entrer dans la partie occidentale densément peuplée de la ville par plusieurs directions, y compris par le Tigre en utilisant des ponts flottants depuis la rive orientale.

La bataille s'annonce plus dure à Mossoul-Ouest avec ses ruelles étroites, notamment dans la vieille ville, et face à des jihadistes mieux implantés.

Selon un responsable des renseignements américains, Mossoul est défendue par quelque 2.000 jihadistes.

La coalition internationale a tiré plus de 10.000 munitions sur des cibles de l'EI depuis le début le 17 octobre de l'offensive sur leur bastion de Mossoul.

Quel impact sur la population ?

Quelque 750.000 habitants sont encerclés à Mossoul-Ouest et manquent de tout. La communauté internationale craint un risque de famine. Tous les ponts entre la rive est et ouest de Mossoul ont été détruits.

Les ONG, s'inquiétant d'un déplacement massif de population au fur et à mesure que les forces irakiennes progressent dans Mossoul, s'emploient à établir de nouveaux camps autour de la ville. Les civils craignent en effet de prendre la fuite de peur que les jihadistes ne leur tirent dessus.

L'ONG britannique Save the Children a averti qu'environ 350.000 enfants étaient pris au piège à Mossoul-Ouest.

Avec AFP

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