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La banque centrale de la RDC récupère "provisoirement" la gestion d'une banque en difficulté


Des soldats du M23 près de la banque centrale du Congo à Goma, le 26 novembre 2012.

Des soldats du M23 près de la banque centrale du Congo à Goma, le 26 novembre 2012.

La banque centrale de la République démocratique du Congo (BCC) a dessaisi "provisoirement" les dirigeants de la gestion de la troisième banque commerciale du pays afin d'assurer son redressement et de préserver l'épargne de ses clients.

"Le conseil d'administration et la direction générale de la Banque internationale pour l'Afrique au Congo (BIAC) sont dessaisis de leurs pouvoirs de gestion. Il leur est substitué le comité de gestion provisoire", indique ce communiqué transmis à l'AFP et signé gouverneur de la BCC.

"La BIAC a pris acte de la décision", a déclaré à l'AFP une source proche de l'ancienne direction.

Fin mars, les difficultés de trésorerie de la BIAC, l'une des banques comptant le plus de succursales à travers le pays, sont apparues publiquement. Depuis, nombre de petits épargnants se ruent vers les guichets de la banque pour retirer leur argent.

La BCC a assigné à la nouvelle direction comme "tâches essentielles", la gestion courante de la banque et d'apprêter un "plan de redressement" dans un délai de six mois, précise le communiqué.

La BIAC a expliqué ses soucis par le retrait d'une ligne de refinancement mensuel jusqu'à concurrence de quelque 40 milliards de francs congolais (près de 42 millions de dollars américains) auprès de la BCC, qui a décidé de couper le robinet des liquidités "sur décision du gouvernement".

Le système bancaire congolais s'est rebâti péniblement à partir du milieu de la décennie 2000 après les deux guerres ayant ravagé la RDC entre 1997 et 2003, mais le taux de bancarisation du pays (ratio de la population adulte disposant d'un compte) est parmi les plus faibles d'Afrique.

Les difficultés de la BIAC risquent de renforcer la méfiance de la population envers les banques et d'entraver ainsi les efforts des autorités pour tenter de créer une véritable épargne nationale susceptible d'aider au développement du pays, parmi les moins développés de la planète.

Depuis le début de l'année, les finances publiques de la RDC sont mises à rude épreuve par la chute des cours des matières premières (principalement le cuivre et le pétrole), limitant les marges d'intervention budgétaire de l'État.

Avec AFP

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