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L’UIP recommande des quotas pour les jeunes dans les parlements


Des étudiants sud-africains protestant contre la hausse des frais de scolarité à l'université devant le siège parti au pouvoir (ANC) à Johannesburg, le 22 Octobre 2015. (AP Photo/Themba Hadebe)

Des étudiants sud-africains protestant contre la hausse des frais de scolarité à l'université devant le siège parti au pouvoir (ANC) à Johannesburg, le 22 Octobre 2015. (AP Photo/Themba Hadebe)

Seulement 1,9 pour cent des 45 000 parlementaires recensés dans le monde ont moins de 30 ans, selon un rapport présenté à Luzaka en Zambie à l'occasion de Conférence Mondiale des Jeunes parlementaires, le 16 et 17 mars 2016.

Alors que la proportion des jeunes dans le monde n’a jamais été aussi élevée, ils sont largement sous-représentés dans les parlements, constate l’Union Interparlementaire dans un nouveau rapport.

Intitulé La représentation des jeunes dans les parlements nationaux 2016, le rapport a été présenté à Lusaka en Zambie., .

Il révèle que seulement 1,9 pour cent des 45 000 parlementaires recensés dans le monde ont moins de 30 ans.

"Si un jeune peut se marier à 18 ans, conduire une voiture à partir de 17 ans, je ne vois pas pourquoi il ne devrait pas se présenter aux élections, peut être à 18 ans, à 19 ans", a dit à VOA Afrique Martin Chungong, le secrétaire général de l’UIP, dénonçant les limites d’âge d’éligibilité imposées dans la plupart des parlements, dont certaines vont jusqu’à 40 ans.

Près d’un tiers des chambres uniques ou des chambres basses du parlement et près de 80 pour cent des Chambres hautes ne comptent pas un seul parlementaire de moins de 30 ans, selon le rapport.

La proportion mondiale monte à 14,2 pour cent pour les jeunes parlementaires de moins de 40 ans et à 26 pour cent pour ceux de moins de 45 ans, indique l’UIP.

"Je pense que nous sommes tous aujourd’hui conscients du fait que nous avons notre contribution pour le développement, et ça passe par l’alternance politique et par la bonne gouvernance. C’est tout ce que cette jeunesse demande, qu’on la responsabilise", explique à VOA Afrique le jeune député burkinabè, Boureima Barry, soulignant que la plupart des partis politiques de son pays ont adopté un quota de 30 pour cent de jeunes lors des dernières législatives.

Dans les 15 pays où des quotas ont été appliqués, ce sont les systèmes à sièges réservés qui ont donné les meilleurs résultats.

Fait intéressant, les statistiques indiquent que plus forte est la proportion des jeunes de moins de 30 ans dans la population, moins il y a de parlementaires de ce groupe d’âge.

Il ressort par ailleurs que les jeunes femmes sont doublement défavorisées, parce qu’elles sont jeunes et parce qu’elles sont femmes. Mais c’est chez les plus jeunes parlementaires que la représentation Homme/Femme est la plus équilibrée.

Jointe par VOA Afrique à Lusaka, la jeune députée congolaise (RDC) Ida Kitwa, a reconnu qu’il y avait beaucoup d’efforts à fournir au niveau du parlement national, "(…) parce que nous n’avons pas jusque-là encore obtenu en RDC les quotas réservés à la femme, à l’instar du Burundi, du Rwanda et d’autres pays(…)".

De l’avis du Président de l’UIP, M. Saber Chowdhury, "ce rapport fait clairement apparaître la nécessité d’ouvrir un nouveau front dans la lutte pour l’égalité. L’âge moyen de la population mondiale étant de 29,6 ans, les parlements doivent refléter la réalité démographique de leur époque. C’est essentiel si l’on veut mettre un terme à la désaffection des jeunes à l’égard de la politique et renforcer les bases de la démocratie dans le monde à venir".

L’UIP recommande notamment l’alignement de l’âge de l’éligibilité sur l’âge de la majorité électorale.

Parmi les autres mesures recommandées figurent l’instauration de quotas pour les jeunes, la création de parlements et de conseils de jeunes pour ceux qui n’ont pas encore l’âge de voter, et un redoublement d’efforts pour faire élire des personnes de moins de 30 ans, en particulier des femmes.

Avec UIP

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