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L'Union européenne déplore la détérioration rapide de la situation sécuritaire au Burundi


Un policer burundais patrouille dans une rue de Bujumbura, capitale du Burundi, 24 juin 2015.

Un policer burundais patrouille dans une rue de Bujumbura, capitale du Burundi, 24 juin 2015.

L’Union européenne réagit ainsi à la tentative d'assassinat d'un défenseur des droits de l'Homme et le meurtre du général Adolphe Nshimirimana, homme fort de l'appareil sécuritaire burundais.

"Le nouvel attentat commis hier (lundi, nldr) à Bujumbura contre le défenseur des droits de l'homme Pierre-Claver Mbonimpa confirme la détérioration rapide de la situation sécuritaire au Burundi", a estimé une porte-parole de l'UE pour les Affaires étrangères, interrogée par l'AFP.

"Tous les acteurs burundais doivent faire preuve de retenue et chercher la voie du dialogue. La violence, quels qu'en soient les auteurs, ne pourra jamais contribuer à sortir le pays de l'impasse politique actuelle", a-t-elle insisté.

"L'UE a appelé les autorités burundaises à assurer la sécurité de Pierre-Claver Mbonimpa qui se trouve actuellement à l'hôpital grièvement blessé", a ajouté la porte-parole.

L'UE avait immédiatement condamné l'attaque à la roquette qui a coûté la vie dimanche au général Nshimirimana, estimant qu'elle reflétait une "dangereuse escalade de la violence".

La mort de ce cacique du régime a constitué un choc pour le camp présidentiel et fait craindre une nouvelle spirale de violences dans ce petit pays des Grands lacs à l'histoire jalonnée de massacres de masse.

Le Burundi traverse une grave crise politique depuis fin avril, début d'un mouvement de contestation contre un troisième mandat du président Pierre Nkurunziza.

Malgré des violences qui ont fait une centaine de morts et un coup d'Etat avorté mi-mai, M. Nkurunziza (au pouvoir depuis 2005) a été officiellement réélu fin juillet, lors d'un scrutin contesté par l'opposition, la société civile et beaucoup de pays occidentaux.

L'UE avait regretté les conditions de la réélection de M. Nkurunziza, le 21 juillet, menaçant de suspendre toute coopération et rappelant qu'elle "se prépare" à décréter des sanctions contre des personnalités responsables de la répression si les violences ne cessaient pas.

La Belgique, ancienne puissance coloniale et principal bailleur du pays après l'UE et la Banque mondiale, a réaffirmé mardi sa "vive préoccupation" dans un communiqué.

Le ministre des Affaires étrangères belge, Didier Reynders, "constate avec inquiétude que le climat actuel de violence au Burundi va de pair avec des restrictions de plus en plus sérieuses aux libertés fondamentales, y compris par des atteintes à l'intégrité physique de journalistes et de militants des droits de l'homme", selon le texte.

Un journaliste burundais, Esdras Ndikumana, correspondant de l'AFP et de Radio France internationale (RFI), a été arrêté dimanche par des membres du Service national de renseignement (SNR) et roué de coups avant d'être libéré, avec un doigt fracturé. Cette agression a entraîné une vague de protestations auprès des autorités burundaises.

Avec AFP

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