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L’Unicef révèle les conséquences désastreuses de la crise économique de 2008


Une mère venant du sud de la Somalie porte son enfant mal nourri (Mogadiscio, 28 août 2011)

Une mère venant du sud de la Somalie porte son enfant mal nourri (Mogadiscio, 28 août 2011)

Un rapport de l’Unicef affirme que la crise économique mondiale de 2008 a eu un impact dévastateur sur des millions d'enfants dans les pays riches.

Vingt-trois pays riches sur 41 ont manqué à leur devoir de rendre la vie meilleure -et non pas pire- aux enfants, indique l’Unicef. Le rapport de l’agence onusienne montre que 2,6 millions enfants ont sombré sous le seuil de pauvreté entre 2008 et 2012, portant à environ 76,5 millions le nombre total d'enfants pauvres dans le monde développé.

Les pays les plus affectés sont la Grèce et l'Islande, qui ont été durement touchés par la crise financière mondiale. L’Islande, en particulier, a connu une augmentation spectaculaire de 20 pour cent. De manière générale, la pauvreté des enfants a augmenté de façon significative dans le Sud de l’Europe, ainsi qu'en Croatie et dans les trois Etats baltes.

L’experte en Politique sociale et économique de l’Unicef, Yekaterina Chzhen, précise toutefois que certains pays ont réussi à améliorer le bien-être des enfants, au cours de cette période de récession.

"Nous avons le Chili en tête, où la pauvreté des enfants a sensiblement diminué à près de neuf pour cent... Ce qui est frappant d’ailleurs, est que dans les 15 premier pays, la pauvreté des enfants a diminué précisément au cours de cette période de trouble économique intense. C’est on ne peut plus remarquable."

L’on peut également citer parmi les pays ayant progressé la Pologne, l'Australie, la Slovaquie, la Suisse, la Norvège et la Corée du Sud.L’UNICEF attribue ce succès à la force des politiques de protection sociale, affirmant que les pays qui ont maintenu leur système de sécurité sociale ont permis d’éviter à de nombreuses familles de sombrer dans la pauvreté.

Quant aux cas de régression, le plus frappant est probablement celui des Etats-Unis, où l’extrême pauvreté des enfants a été plus prononcée durant cette récession que celle des années 80, souligne l’économiste.

"Cette fois, ce sont les enfants dans les familles où les parents ne travaillent pas qui souffrent particulièrement, et ce sont ceux-là qui généralement tombent en dessous du seuil de pauvreté. Ces familles ne sont pas vraiment aidées par le crédit d'impôt sur les revenus, contrairement à ceux qui vivent dans des familles de travailleurs pauvres. Donc les plus pauvres ont souvent recours aux bons alimentaires".

Mme Chzhen remarque d’ailleurs que toutes les familles indigentes aux Etats-Unis, sont aujourd’hui plus vulnérables qu’elles ne l’étaient pendant la précédente crise, y compris les travailleurs pauvres car ils reçoivent peu d'aide.

Le rapport indique un autre recul tout aussi inquiétant. A savoir que la tranche d’âge des 15 à 24 ans est particulièrement touchée en matière d’éducation, d’emploi ou de formation. Les pays de l'Union européenne subissent la pire situation, avec 7,5 millions jeunes qui se retrouvent sans travail et en dehors du système d’éducation.

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