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L'Unicef craint un "nouveau pic" dans le recrutement d'enfants soldats au Soudan du Sud


Des déplacées près de l’église des tous les saints à Juba, au Soudan du Sud, le 12 juillet 2016.

Des déplacées près de l’église des tous les saints à Juba, au Soudan du Sud, le 12 juillet 2016.

La récente flambée de violence qui a mis en péril le fragile accord de paix au Soudan du Sud est à la base de la crainte qu’exprime l'Unicef, le Fonds des Nations unies pour l'enfance.

L’Unicef a, en effet, annoncé vendredi craindre un "nouveau pic" dans le recrutement d'enfants soldats au Soudan du Sud.

"Les différents groupes recrutent, il y a une mobilisation dans certaines zones reculées (...), car les gens craignent une escalade de la violence", a déclaré à l'AFP Justin Forsyth, directeur exécutif adjoint de l'Unicef. "Ils profitent de cette situation pour recruter de très jeunes gens".

"L'Unicef craint la possible imminence d'un nouveau pic dans le recrutement d'enfants soldats", a-t-il soutenu.

L'Unicef a rappelé avoir dénombré le recrutement de 16.000 enfants soldats au cours de la guerre civile, débutée en décembre 2013 en raison de dissensions politico-ethniques alimentées par la rivalité entre le chef de la rébellion Riek Machar et l'actuel chef de l'Etat Salva Kiir.

Quelque 650 enfants ont été recrutés depuis le début de l'année, selon l'Unicef.

"L'Unicef appelle à l'arrêt immédiat du recrutement d'enfants et la libération sans conditions de ceux qui l'ont été par des groupes armés", a lancé l'Unicef dans un communiqué.

"Des enfants continuent d'être recrutés et utilisés par des groupes armés malgré les engagements politiques en vue de mettre un terme à cette pratique", a regretté la même source, précisant en outre que 13.000 enfants sud-soudanais sont portés disparus et que 250.000 d'entre eux souffrent d'une "grave" malnutrition.

Le Fonds de l'ONU pour l'enfance a par ailleurs appelé à l'arrêt de "l'utilisation systématique du viol, de l'exploitation sexuelle et de l'enlèvement comme arme de guerre".

La guerre au Soudan du Sud, marquée par des atrocités attribuables aux deux camps, a fait des dizaines de milliers de morts et quelque 2,5 millions de déplacés. Un accord de paix avait été signé en août 2015, mais les combats n'ont depuis jamais vraiment cessé dans ce pays indépendant depuis 2011.

Des 8 au 11 juillet, des affrontements à l'arme lourde dans la capitale Juba entre forces loyales à Salva Kiir et les hommes de Riek Machar ont fait craindre un retour à la guerre dans l'ensemble du pays.

Le contingent des ex-rebelles à Juba, en infériorité numérique et moins bien armé, s'était retranché à l'extérieur de la capitale dans une zone rurale, avec leur chef Riek Machar. Ce dernier, remplacé depuis au poste de vice-président par son ancien allié Taban Deng Gai, a fui ces derniers jours en République démocratique du Congo voisine.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a autorisé vendredi dernier le déploiement de 4.000 soldats onusiens en plus des 13.500 Casques bleus se trouvant déjà dans le pays, mais Juba n'a pas encore accepté l'envoi de cette force.

Avec AFP

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