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L’UA envoie cinq chefs d’Etat convaincre Nkurunziza


Le président burundais Pierre Nkurunziza rencontre les représentants du Conseil de sécurité de l'ONU, le 22 janvier 2016. (Etienne Karekezi)

Le président burundais Pierre Nkurunziza rencontre les représentants du Conseil de sécurité de l'ONU, le 22 janvier 2016. (Etienne Karekezi)

Les chefs d'Etat de la Mauritanie, de l'Afrique du Sud, du Gabon, du Sénégal et le Premier ministre éthiopien ont été désignés par l'Union africaine pour tenter de convaincre leur homologue burundais d'accepter le déploiement d'une force d'interposition dans son pays en crise.

Idriss Déby Itno, chef de l’Etat tchadien et nouveau président en exercice de l’Union africaine a annoncé vendredi la composition de cette délégation de haut niveau décidée après consultation.

L'UA ne précise pas, dans le communiqué publie a ce sujet, quand le mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, le sud-africain Jacob Zuma, le gabonais Ali Bongo, le sénégalais Macky Sall et le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn se rendront à Bujumbura.

Cependant, selon une source diplomatique régionale interrogée vendredi par l'AFP, la délégation doit se rendre au Burundi "d'ici le 20 février".

Lors de son dernier sommet fin janvier, l'UA avait renoncé à envoyer dans l'immédiat une force de maintien de la paix au Burundi face à la réticence de plusieurs chefs d'Etat africains et à l'opposition frontale de Bujumbura.

Cette force, dont le principe avait pourtant été acté par l'UA mi-décembre, doit permettre d'enrayer le cycle des violences faisant craindre des massacres à grande échelle au Burundi, petit pays d'Afrique des Grands Lacs marqué par une guerre civile meurtrière (300.000 morts) entre 1993 et 2006.

Les chefs d'Etat avaient notamment insisté sur le fait que le déploiement de la Mission africaine de prévention et de protection au Burundi (Maprobu), forte de 5.000 hommes, ne pourrait se faire sans le consentement de Bujumbura.

Or le président burundais Pierre Nkurunziza s'est jusqu'à présent montré catégoriquement opposé à cette force, qu'il a qualifiée par avance de "force d'invasion".

La délégation des cinq chefs d'Etat doit donc tenter de convaincre que la Maprobu vise avant tout "le désarmement des milices, la protection des civils en coopération avec les forces de police locales, la facilitation du travail des observateurs des droits de l'Homme", selon les propos du Commissaire de l'UA à la paix et à la sécurité Smaïl Chergui fin janvier.

Elle aura aussi pour "priorité de convaincre M. Nkurunziza de revenir à la table de négociation avec toutes les parties au conflit", a souligné à l'AFP une source de l'UA proche du dossier. Le dialogue interburundais, brièvement relancé fin décembre, est actuellement au point-mort.

Plus de 400 personnes ont été tuées depuis le début de la crise au Burundi, qui a poussé 230.000 personnes à l'exil. La capitale est désormais le théâtre de nombreuses exécutions extrajudiciaires, d'accrochages nocturnes réguliers, tandis que les auteurs d'un coup d'Etat avorté en mai ont promis de renverser le gouvernement par les armes si nécessaire.

Avec AFP

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