Liens d'accessibilité

L'Otan mise sur une réunion anticipée le 31 mars, avec Tillerson


Le secrétaire d'Etat Rex Tillerson prend la parole à la réunion des ministres de la Coalition mondiale sur la défaite d'ISIS, au département d'État à Washington, le 22 mars 2017.

L'Otan devrait organiser dès le 31 mars une réunion de ses ministres des Affaires étrangères, initialement prévue en avril, pour permettre au secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson, dont l'absence annoncée avait suscité un malaise, d'y assister.

"Nous prévoyons actuellement de tenir la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Otan le 31 mars. Les consultations sur son organisation se poursuivent au sein de l'Alliance", a indiqué vendredi soir un responsable de l'Otan.

Le Département d'Etat américain avait annoncé cette semaine que M. Tillerson ne pouvait se rendre à la première réunion des chefs de la diplomatie de l'Otan depuis la prise de fonctions de Donald Trump, prévue les 5 et 6 avril, et qu'il dépêchait à sa place son sous-secrétaire d'Etat Thomas Shannon.

En revanche, M. Tillerson devait se rendre en avril en Russie, dont les relations avec l'Otan sont glaciales depuis le début du conflit ukrainien en 2014.

En Europe, mais aussi aux Etats-Unis, ces annonces avaient été perçues avec inquiétude, alors que certaines déclarations de M. Trump, qui a jugé l'Otan "obsolète" et s'est dit admiratif de Vladimir Poutine, ont fait naître des doutes sur la volonté d'engagement de la nouvelle administration américaine en Europe.

Les Etats-Unis, première puissance militaire au monde et qui assurent à eux seuls 68% des dépenses de défense cumulées des 28 Etats membres de l'Otan, se plaignent de longue date d'un déséquilibre en la matière avec leurs alliés européens.

Depuis son arrivée au pouvoir, M. Trump réclame avec force que les autres pays de l'Alliance portent leur part du fardeau financier en dépensant au moins 2% de leur Produit intérieur brut en matière de défense, comme il s'y sont engagés en 2014.

A Washington, le porte-parole du ministère avait annoncé vendredi que M. Tillerson "se rendrait à l'Otan, à Bruxelles, le vendredi 31 mars", au lendemain d'un voyage à Ankara où il doit rencontrer le président turc Recep Tayyip Erdogan.

- 'Timing' -

Il n'avait pas précisé dans l'immédiat si cette visite s'inscrivait dans le cadre d'une réunion des 28 chefs de la diplomatie, qui se retrouvent au moins deux fois par an au siège de l'Alliance atlantique à Bruxelles.

Et pour cause, des problèmes d'agenda restent encore à régler, notamment pour faire en sorte que le Britannique Boris Johnson, alors en déplacement, puisse lui aussi être de la partie.

"La date est quasi sûre, il s'agit maintenant principalement d'une question de timing", a souligné samedi matin une source diplomatique à Bruxelles. Les 28 pays de l'Alliance ont jusqu'à lundi en début d'après-midi pour affiner les détails en s'assurant que leurs représentants pourront tous faire converger leurs plannings.

Ces préparatifs de dernière minute tranchent avec le fonctionnement habituel de l'Otan, où les réunions, très protocolaires, sont planifiées des semaines à l'avance.

"Les Alliés essaient de trouver une solution. On sait que ce sont des raisons de fond qui font que M. Tillerson ne pouvait pas venir les 5 et 6 avril", a expliqué un diplomate à l'AFP. Le secrétaire d'Etat, ancien PDG d'ExxonMobil, avait fait savoir qu'il serait pris quasiment aux mêmes dates par la possible visite en Floride du président chinois Xi Jinping dans la résidence privée du président Donald Trump.

"Tout le monde est conscient que cela envoyait un mauvais message et personne n'avait d'appétence pour faire la réunion avec un niveau de représentation dégradé" côté américain, a poursuivi le diplomate, qui demande à rester anonyme.

Pour rassurer les alliés européens, la Maison Blanche avait confirmé que M. Trump assisterait bien à son premier sommet de l'Otan, le 25 mai à Bruxelles. En février, son secrétaire à la Défense James Mattis et son vice-président Mike Pence étaient venus à Bruxelles réaffirmer la "force" du lien transatlantique.

Mais la semaine dernière, au lendemain de la visite de la chancelière allemande Angela Merkel à la Maison Blanche, Donald Trump avait accusé Berlin sur Twitter de devoir "d'énormes sommes d'argent" à l'Otan et à Washington. L'Allemagne avait sèchement répondu qu'"il n'existait pas de compte où sont enregistrées des dettes au sein de l'Otan".

Avec AFP

Facebook Forum

XS
SM
MD
LG