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Les anciens combattants rallient l'opposition au Zimbabwe


Bernard Manyenyeni et certains dirigeants du MDC-T. (Photo: Thomas Chiripasi)

Bernard Manyenyeni et certains dirigeants du MDC-T. (Photo: Thomas Chiripasi)

Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), principal parti d'opposition au Zimbabwe, a salué vendredi le revirement des anciens combattants, soutien traditionnel du président Robert Mugabe, qui dénoncent l'attitude "dictatoriale" du chef de l'Etat.

Pour le MDC, les anciens combattants "voient enfin la lumière".

Ce revirement des anciens combattants dans un contexte de colère grandissante contre le régime Mugabe.

Les anciens combattants ont participé, avec Robert Mugabe, à la guerre d'indépendance du Zimbabwe dans les années 70, et ont joué un rôle crucial et parfois violent, dans son maintien au pouvoir depuis 1980.

Mais jeudi, coup de théâtre, l'Association des vétérans de la guerre de libération du Zimbabwe a accusé le président "d'avoir lamentablement échoué (...) à résoudre les problèmes économiques du pays" et prévenu qu'ils ne soutiendraient pas - une première - "un tel dirigeant" pour la présidentielle de 2018.

Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), principal parti d'opposition au Zimbabwe, a salué vendredi ce revirement de position, qui intervient dans un contexte de colère grandissante contre le régime Mugabe.

Le MDC a "remercié de tout son cœur et salué les anciens combattants pour reconnaître publiquement que Robert Mugabe a fait son temps".

"La crise politique et socio-économique qui place dans la tourmente notre terre adorée dépasse les divisions politiques, religieuses, ethniques et raciales", a estimé le MDC dans un communiqué.

"Nous appelons maintenant Mugabe à tenir compte du conseil très clair qui lui a été donné par ses camarades d'autrefois, les anciens combattants" a poursuivi le MDC. "La majorité des Zimbabwéens ont été réduits à devenir des mendiants et des vendeurs à la sauvette, à la suite de décennies de mauvaise gestion économique sans précédent, de corruption rampante et d'une mauvaise gouvernance, qui sont la marque de fabrique du règne de Mugabe", a encore souligné le parti de Morgan Tsvangirai.

Vendredi, aucun responsable gouvernemental n'était joignable pour commenter la déclaration des anciens combattants.

Depuis son indépendance en 1980, le Zimbabwe est dirigé d'une main de fer par Robert Mugabe.

Le pays traverse une profonde crise économique depuis le début des années 2000, aggravée cette année par une sécheresse. Environ 90% de la population active n'a pas de travail dans le secteur formel. Le gouvernement et les banques sont actuellement à cours de liquidités.

Le paiement des salaires des soldats et des fonctionnaires a, pour le second mois consécutif, été retardé.

Dans ce contexte de déliquescence économique, le pays a connu ces dernières semaines une série de manifestations et de grèves - les plus importantes depuis des années - pour dénoncer la crise économique.

C'est un pasteur, Evan Mawarire, inconnu du grand public il y a encore quelques mois, qui s'est imposé comme le leader de cette fronde citoyenne. Il a reçu le soutien du MDC.

Avec AFP

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