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Mugabe-opposition : le bras de fer se poursuit autour de l'interdiction de manifester


Tendai Biti, à droite, leader de l'opposition et membre de l’ONG zimbabwéenne Avocats pour les droits de l’homme, et Dzimbabwe Chibga du même groupe des droits de l’homme, discutent avec des journalistes devant la Haute Cour à Harare, au Zimbabwe, septembre 2016. (S. Mhofu / VOA)

Tendai Biti, à droite, leader de l'opposition et membre de l’ONG zimbabwéenne Avocats pour les droits de l’homme, et Dzimbabwe Chibga du même groupe des droits de l’homme, discutent avec des journalistes devant la Haute Cour à Harare, au Zimbabwe, septembre 2016. (S. Mhofu / VOA)

Les adversaires du président zimbabwéen Robert Mugabe, mobilisés depuis des semaines, se sont donné rendez-vous samedi dans la rue pour exiger une nouvelle fois des réformes et défier son régime, en dépit d'une interdiction imposée par la police dans la capitale.

La police anti-émeute devrait être déployée en masse dans le pays, dirigé d'une main de fer depuis 1980 par le héros de l'indépendance. Les derniers rassemblements anti-Mugabe ont été réprimés par la force à coups de gaz lacrymogène.

Au moins dix-huit partis d'opposition, réunis sous la bannière d'une Initiative nationale pour une réforme électorale (Nera), et une flopée de mouvements issus de la société civile ont appelé à défiler dans la plupart des villes du pays, dont Harare.

Un décret, publié vendredi dans le quotidien d'Etat, The Herald, et signé par le grand patron de la police zimbabwéenne, Newbert Saunyama, a prohibé tout rassemblement à Harare du 16 septembre au 15 octobre. Cette décision vise à "empêcher tout désordre public".

En dépit de cette interdiction, les adversaires du gouvernement ont maintenu leur appel à manifester et annoncé avoir saisi la justice pour en obtenir l'annulation.

La semaine dernière, la justice avait déjà annulé une précédente mesure qui prohibait tout rassemblement à Harare.

"La Constitution et la Haute Cour garantissent la liberté de manifester pacifiquement", a affirmé Promise Mkwananzi, un porte-parole du mouvement #Tajamuka ("Nous sommes agités") à la pointe de la fronde des dernières semaines.

"La police ne fait que promouvoir l'illégalité dans le pays en interdisant des manifestations pacifiques", a-t-il estimé.

Menaces de Mugabe

Depuis plusieurs semaines, le Zimbabwe est agité par une fronde populaire contre le régime du président Mugabe, qui a une nouvelle fois mis en garde les manifestants.

"Que les partis d'opposition et tous ceux qui font le choix du chaos, du désordre et des manifestations violentes soient prévenus que notre patience a des limites", a-t-il lancé, menaçant, la semaine dernière.

L'opposition réclame notamment des réformes en vue des élections générales de 2018, alors que les précédents scrutins ont été entachés de nombreuses fraudes.

En dépit de son âge, 92 ans, Robert Mugabe, compte se représenter à la présidentielle.

La vague de protestation actuelle se nourrit largement de la grave crise économique que traverse le pays depuis le début des années 2000, marquée par un chômage de masse.

Asphyxié financièrement, le gouvernement éprouve de plus en plus de difficultés à payer régulièrement ses fonctionnaires.

Jeudi, il a décidé de lancer des "billets d'obligation", une monnaie locale qui doit se substituer au dollar américain dont le pays manque cruellement.

Cette mesure, attendue de longue date, cristallise la colère des frondeurs et nourrit l'inquiétude des milieux financiers et de la population, qui redoutent le retour aux années d'hyperinflation qui ont ruiné l'économie dans les années 2000.

Avec AFP

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