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L'ONU sanctionne six chefs militaires sud-soudanais


C'est une première depuis le début de la guerre civile en décembre 2013

Les sanctions, gel des avoirs financiers et interdiction de voyager, visent trois responsables du côté des forces gouvernementales et trois du côté des rebelles.

Le Conseil de sécurité avait menacé en mars de sanctionner ceux qui empêchaient le rétablissement de la paix au Soudan du Sud et avait mis en place un comité de sanctions.

A l'initiative des Etats-Unis, de la France et du Royaume-Uni, le comité avait proposé de sanctionner les six hommes et aucun pays membre du Conseil ne s'y est opposé, malgré les réticences de la Russie.

Côté gouvernemental, parmi les militaires sanctionnés figure le chef de la garde du président Salva Kiir, Marial Chanuong Yol Mangok. Ses hommes sont accusés par l'ONU d'avoir massacré des centaines de civils d'ethnie Nuer à Juba dans les premiers jours du conflit.

Sont aussi sanctionnés Gabriel Jok Riak, dont les forces opèrent principalement dans l'Etat d'Unité (nord) et qui est accusé d'avoir violé plusieurs cessez-le-feu, et Santino Deng Wol, un général qui a mené en mai 2015 une offensive armée dans le même Etat, dans laquelle des femmes, des enfants et des personnes âgées ont été tués.

Côté rebelles, sont sanctionnés Simon Gatwech Dual, qui a mené une offensive en février dernier dans l'Etat de Jonglei (est) et "pris pour cible des civils" selon l'ONU, ainsi que James Koang Chuol, dont les forces ont combattu dans l'Etat du Nil supérieur (nord-est) et ont "attaqué des camps des Nations unies, des hôpitaux et des écoles" dans l'Etat d'Unité, et Peter Gadet, chef d'état-major adjoint des forces rebelles. Ses soldats sont accusés d'avoir "pris pour cible des civils, dont des femmes, en raison de leur appartenance ethnique" lors d'une offensive sur Bentiu en avril 2014.

"Comme le montre la décision aujourd'hui des membres du Conseil de sécurité, ceux qui commettent des atrocités et font obstacle à la paix devront en subir les conséquences", a déclaré l'ambassadrice américaine Samantha Power dans un communiqué.

Elle a appelé les deux camps à "mettre fin aux combats et entamer des négociations pour établir un gouvernement de transition" et a brandi la menaces de sanctions supplémentaires.

La guerre civile a éclaté en décembre 2013 au sein de l'armée sud-soudanaise fracturée le long de lignes politico-ethniques par la rivalité à la tête du régime entre le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar.

Plus de deux millions de personnes ont été chassées de chez elles par les combats accompagnés d'exactions attribuées aux deux camps, tandis que des civils meurent de faim dans les zones de guerre.

Plus de six millions de sud-soudanais, soit la moitié de la population, ont besoin d'aide humanitaire et plus de 120.000 d'entre eux se sont réfugiés sur des bases de l'ONU dans le pays.

Les Etats-Unis et l'Union européenne ont déjà imposé des sanctions aux deux dirigeants rivaux, sans effet sur la poursuite des hostilités. En mai, l'Union africaine avait appelé l'ONU à faire de même.

Avec AFP

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