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L'ONU presse Damas d'autoriser des largages d'aide


Des hommes portent des colis envoyés par l'ONU et le Croissant-rouge dans la ville rebelle de Al-Houla, au nord de Homs en Syrie, le 25 mai 2016.

Des hommes portent des colis envoyés par l'ONU et le Croissant-rouge dans la ville rebelle de Al-Houla, au nord de Homs en Syrie, le 25 mai 2016.

L'ONU va demander dimanche un feu vert de la Syrie pour pouvoir larguer de l'aide humanitaire aux centaines de milliers de personnes assiégées dans le pays, ont rapporté vendredi des diplomates.

Le patron des opérations humanitaires de l'ONU Stephen O'Brien a affirmé lors d'une réunion à huis clos du Conseil de sécurité que cette autorisation du régime de Damas était nécessaire pour fournir par voie aérienne nourriture et médicaments aux personnes assiégées, victimes d'une guerre civile qui ravage le pays depuis 5 ans.

La France, qui préside le Conseil de sécurité au mois de juin, a pour sa part exhorté vendredi la Russie à faire pression sur son allié syrien pour faciliter l'accès de l'aide humanitaire par voie terrestre, qui est la manière la plus efficace de fournir de l'aide selon l'ONU.

"La priorité absolue est d'amener ceux qui ont de l'influence sur Damas, à commencer par la Russie, de fortement augmenter leur pression sur le régime", a déclaré le représentant français à l'ONU, François Delattre, avant de participer à cette réunion du Conseil de sécurité consacrée aux moyens de secourir les habitants assiégés en Syrie.

"Ce qui est en jeu ici c'est la nécessité de mettre fin à un désastre humanitaire", a ajouté le diplomate.

"Le régime syrien continue d'affamer systématiquement des centaines de milliers de civils et de les utiliser comme armes de guerre. Ce sont des crimes de guerre", a dénoncé M. Delattre.

Près de 600.000 personnes, selon l'ONU, vivent dans 19 zones ou localités encerclées par les belligérants, principalement par les troupes du régime, et près de quatre millions dans des zones difficiles d'accès. Nombre d'entre eux souffrent de malnutrition.

Les grandes puissances avaient convenu le mois dernier que si l'aide humanitaire continuait à être bloquée, l'ONU commencerait des largages par voie aérienne à partir du 1er juin.

Mais l'envoyé spécial adjoint de l'ONU pour la Syrie, Ramzy Ezzeldin Ramzy, a expliqué jeudi à Genève que les largages d'aides n'étaient pas "imminents" vu la complexité de l'opération et la nécessité d'avoir le feu vert du régime.

La difficulté des largages est d'autant plus grande que le ciel est encombré par les avions russes, syriens et de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.

"Il devrait y avoir des largages d'aide là où l'accès par voie terrestre est refusé", a estimé l'ambassadeur britannique à l'ONU Matthew Rycroft.

D'après le porte-parole de l'ONU Stéphane Dujarric, il faudra recourir à des hélicoptères pour transporter cette aide notamment à 15 des 19 zones assiégées les plus densément peuplées. "Dans les zones urbaines, les largages par avion ne sont pas envisageables. Chaque hélicoptère transporterait environ trois tonnes et devrait atterrir pour décharger", avait-il indiqué jeudi.

La guerre a fait 280.000 morts en Syrie depuis mars 2011 et jeté hors de leurs foyers plus de la moitié de sa population.

Le processus de paix est à l'agonie depuis la démission dimanche du négociateur en chef de l'opposition syrienne Mohammed Allouche, qui avait dénoncé la poursuite des bombardements du régime et "l'incapacité de la communauté internationale à faire appliquer ses résolutions, notamment en ce qui concerne l'aspect humanitaire".

Avec AFP

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