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L’ONU inquiète après la fermeture d’un centre de MSF dans l’est en RDC


Wivine Bakarani, une fille de neuf ans soignée dans un hôpital à Mweso, à environ 70 km au nord-ouest de Goma, 12 mai 2010.

Wivine Bakarani, une fille de neuf ans soignée dans un hôpital à Mweso, à environ 70 km au nord-ouest de Goma, 12 mai 2010.

Les Nations unie craignent une hausse des besoins en aide humanitaire au Nord-Kivu après la fermeture d'un centre de Médecins sans frontières (MSF) dans cette province meurtrie de l'est de la République démocratique du Congo.

L’ONU parle d’une situation très préoccupante.

"Quand une organisation humanitaire importante et chevronnée comme l'est MSF décide de quitter une zone pour des raisons de sécurité, cela signifie que la situation y est très préoccupante", écrit le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) dans ce texte.

MSF a annoncé le 20 janvier avoir été obligé de prendre la "décision douloureuse" de fermer son centre médical de Mweso, à environ 70 km au nord-ouest de Goma, la capitale du Nord-Kivu, après une attaque à main armée contre un de ses convois et l'enlèvement de deux de ses agents en décembre.

Après avoir essayé en vain d'obtenir de nouvelles garanties de sécurité "de la part de tous les acteurs présents" dans cette zone où s'activent plusieurs milices et où l'ONU dénonce depuis des mois un regain du grand banditisme, MSF indique avoir jeté l'éponge pour ne plus exposer son personnel "à un environnement de travail dans lequel celui-ci est une cible que l'on attaque".

MSF indique que son centre de Mweso a traité près de 180.000 patients en 2015 et comptait étendre encore ses actions en 2016.

Pour OCHA, la délivrance d'une aide humanitaire d'urgence au Nord-Kivu s'apparente désormais à "une tâche herculéenne" à cause "des enlèvements et de l'accroissement de l'insécurité".

OCHA appelle "toutes les autorités congolaises et toutes les parties concernées" (sans les citer, mais parmi lesquelles figure la Mission de l'ONU en RDC -- Monusco --, dont des milliers de Casques bleus sont déployés au Nord-Kivu) à prendre la mesure de la situation.

"Sans une action rapide en vue d'améliorer la protection des humanitaires, nous risquons un échec collectif dans la protection de ceux-là mêmes que nous sommes venus aider", écrit l'agence onusienne.

L'est de la RDC (le Nord-Kivu en particulier) est déchiré depuis plus de vingt ans par des conflits armés alimentés par des différends ethniques et fonciers, la concurrence pour le contrôle des ressources minières de la région et des rivalités entre puissances régionales.

Avec AFP

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