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L’ONU exige un terme à l’impunité au Darfour


Omar el-Béchir, à Khartoum (1er mai 2010)

Omar el-Béchir, à Khartoum (1er mai 2010)

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, lance cet appel suite à la publication d'un rapport sur les horreurs commises au Darfour en 2014.

Le rapport pointe du doigt toutes les parties au conflit.

"Les autorités doivent mettre fin à l'impunité endémique au Darfour", indique M. Zeid.

Le document dénonce le fait que "très peu ont donné lieu à des enquêtes ou ont conduit à des arrestations" sur les 411 cas d'abus et de graves violations des droits humains recensés l'an dernier par la Minuad (la mission de paix conjointe ONU-Union africaine).

Parmi les violations dénoncées: le bombardement aveugle de zones civiles, les actes de violence sexuelle et la destruction de bien civils

"Le rapport dresse un tableau très sombre d'une situation d'échec systémique, ou de refus pur et simple des autorités à traiter de façon sérieuse les violations des droits de l'Homme", a affirmé M. Zeid.

"La façon désinvolte avec laquelle la police locale a rejeté les requêtes du personnel des Nations unies est profondément troublante et montre comment les fonctionnaires de l'Etat estiment être au-dessus des lois", a-t-il dit.

Depuis 2003, des insurgés, accusant notamment Khartoum de les marginaliser économiquement et politiquement, s'opposent à l'armée soudanaise dans la région du Darfour, dans l'ouest du pays. Ce conflit a fait plus de 300.000 morts et déplacé 2,5 millions de personnes, selon l'ONU.

Le rapport explique que tant les autorités que les groupes armés ont entravé le travail des enquêteurs de l'ONU, en les empêchant de se rendre dans des lieux où des violations des droits humains auraient été commises.

Le rapport du Haut-Commissaire détaille aussi des incidents durant lesquels la police soudanaise et les forces de sécurité auraient été impliquées dans des attaques contre des civils, dont des meurtres, enlèvements, vols et actes d'extorsion.

Ces attaques impliquant des représentants des forces de l'ordre sont, selon l'ONU, sous-estimées car les victimes craignent des représailles et n'ont aucune confiance envers les autorités.

Le président soudanais Omar el-Béchir est lui-même recherché depuis 2009 par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre dans la région du Darfour.

Avec AFP

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