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L'ONU estime que les besoins en aide alimentaire pourraient doubler d'ici un mois au Nigeria


Les personnes déplacées à Dambua, dans l’Etat de Borno, Nigeria

Les personnes déplacées à Dambua, dans l’Etat de Borno, Nigeria

Le nombre de personnes qui souffrent de problèmes de nutrition dans le nord-est du Nigeria pourrait presque doubler d'ici un mois, à cause de la rébellion de Boko Haram et de la crise économique, a averti vendredi l'ONU.

La crise alimentée par des années de violences de l'islamisme radical a laissé plus de 3 millions de personnes dans le nord-est "dans un état d'insécurité alimentaire modérée ou grave", a déclaré Bettina Luescher, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM).

Mais les difficiles conditions économiques au Nigeria - marquées par des prix bas du pétrole et une inflation galopante - pourraient voir ce chiffre grimper à 5,5 millions de personnes "le mois prochain", a dit Mme Luescher lors d'une conférence de presse à Genève.

L'économie du Nigeria reste largement dépendante de la production pétrolière et la chute des prix du baril a des répercussions sur l'ensemble du pays. La devise nationale, le naira, a atteint son plus bas cette semaine, approchant le cours de 350 pour un dollar.

Dans l'Etat de Borno, épicentre de la rébellion du groupe jihadiste Boko Haram, "les prix ont grimpé de 50 à 100%", a souligné Mme Luescher.

En 2013 et 2014, au plus fort de la guerre avec Boko Haram, les travailleurs humanitaires de l'ONU et d'autres agences n'avaient quasiment pas d'accès aux zones les plus touchées, et étaient dans l'impossibilité d'évaluer les besoins de la population.

La situation s'est améliorée grâce aux victoires militaires remportées par l'armée nigériane au cours des derniers mois.

Le PAM a intensifié ses opérations dans la région, en donnant de l'argent aux habitants pour pouvoir acheter de la nourriture sur les marchés et en distribuant une aide alimentaire à ceux privés d'accès à des marchés, a précisé Mme Luescher.

Le porte-parole de l'agence de l'ONU pour les réfugiés, Adrian Edwards, a jugé la situation "catastrophique".

Boko Haram a fait plus de 20.000 morts et quelque 2,6 millions de déplacés depuis 2009.

Avec AFP

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