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L'ONU appelle la Gambie à enquêter sur la mort en détention de trois opposants


Le président gambien Yahya Jammeh.

Le président gambien Yahya Jammeh.

Solo Sandeng et deux militants du Parti démocratique uni sont morts en détention. Ban Ki-moon demande à ce qu'une enquête soit menée.

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a appelé dimanche la Gambie à mener une enquête approfondie sur les morts en détention d'un responsable du parti d'opposition Parti démocratique uni (UDP), Solo Sandeng, et de deux autres opposants.

M. Ban a "appris avec consternation" la mort de M. Sandeng et les arrestations de dizaines d'opposants au régime jeudi, alors qu'ils participaient à une manifestation pacifique dans la capitale Banjul, a indiqué son porte-parole.

Le leader de l'UPD Ousainou Darboe avait confirmé à l'AFP samedi le décès de Solo Sandeng et avait ajouté que deux femmes arrêtées étaient dans le coma. Le communiqué des Nations unies ne précise pas si les deux autres personnes décédées en détention sont ces deux femmes.

M. Ban "appelle les autorités à mener une enquête rapide, approfondie et indépendante sur les circonstances qui ont conduit à leur mort alors qu'ils étaient en détention", a repris le porte-parole.

Très inquiet de "l'utilisation apparente d'une force excessive lors de leurs arrestations" dans une manifestation pacifique, M. Ban a également appelé le gouvernement à relâcher "immédiatement et sans condition" les personnes arrêtées, dont Ousainou Darboe, appréhendé samedi lors d'une deuxième vague d'arrestations.

Le président Yahya Jammeh doit "maintenir les droits des Gambiens à la liberté d'expression et à manifester pacifiquement", a-t-il ajouté.

Parvenu au pouvoir par un coup d'Etat sans effusion de sang en 1994 puis élu en 1996, et réélu tous les cinq ans depuis, M. Jammeh dirige en autocrate la Gambie, petit Etat anglophone d'Afrique de l'Ouest enclavé dans le territoire du Sénégal, hormis sa façade atlantique.

Il a été investi en février candidat de son parti, l'Alliance pour la réorientation et la construction patriotique (APRC) afin de briguer un cinquième mandat lors de la présidentielle de décembre.

Le régime de Yahya Jammeh est accusé par des ONG, et cette semaine par le département d'Etat américain dans un rapport sur les droits de l'Homme, de disparitions forcées, harcèlement de la presse et des défenseurs des droits de l'Homme, accusations qu'il a régulièrement rejetées.

Avec AFP

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