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L'interdiction du port du burkini validée par la justice en France


Une dame couverte d'un burkini à la plage à Marseille en France, le 4 août 2016.

Une dame couverte d'un burkini à la plage à Marseille en France, le 4 août 2016.

Les deux villes du sud-est de la France qui ont décidé d'interdire le port du burkini sur leurs plages, ont reçu samedi l'appui d'un juge administratif qui a refusé de suspendre ces décisions, a indiqué la mairie de Cannes.

Le maire Les Républicains (droite) de Cannes, célèbre pour son festival de cinéma, David Lisnard, avait suscité une polémique en interdisant fin juillet la baignade en burkini, cette tenue à l'usage des femmes musulmanes recouvrant la totalité du corps à l'exception du visage, des mains et des pieds.

Cette décision, également décrétée samedi dans la commune voisine de Villeneuve-Loubet, avait été contestée en justice vendredi par trois femmes et le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) qui la jugeait illégale et réclamait sa suspension.

Le tribunal administratif de Nice a rejeté leur requête samedi estimant que l'arrêté municipal respectait la loi sur la laïcité interdisant à quiconque "de se prévaloir de ses croyances religieuses pour s'affranchir des règles communes régissant les relations entre collectivités publiques et particuliers".

"Dans le contexte d'état d'urgence et des récents attentats islamistes survenus notamment à Nice il y a un mois (...) le port d'une tenue vestimentaire distinctive, autre que celle d'une tenue habituelle de bain, peut en effet être interprétée comme n'étant pas, dans ce contexte, qu'un simple signe de religiosité", a ajouté le juge.

Me Sefen Guez Guez, avocat du CCIF, a annoncé qu'il ferait appel de cette ordonnance devant le Conseil d'Etat, la plus haute juridiction administrative française, estimant que "cette décision ouvre la porte à l'interdiction de tout signe religieux dans l'espace public".

La France, qui compte la première communauté musulmane d'Europe, a été frappée depuis 18 mois par plusieurs attentats jihadistes, ce qui a suscité un regain de tensions à l'encontre des musulmans. L'interdiction du burkini sur certaines plages a été jugée discriminatoire par plusieurs associations de défense des droits de l'Homme.

Le port du voile intégral dans l'espace public est interdit dans le pays mais rien n'y proscrit le port de signes ou de vêtements religieux, ont plaidé ces organisations.

Lionnel Luca, maire Les Républicains de Villeneuve-Loubet, a réfuté samedi toute accusation de discrimination, affichant sa volonté "d'éviter tout trouble à l'ordre public dans une région marquée par les attentats".

"La République, ce n'est pas venir à la plage habillé en affichant ses convictions religieuses, d'autant que ce sont de fausses convictions car la religion ne demande rien" en la matière, a déclaré M. Luca à l'AFP.

Pour ce dernier, ce sont les adeptes du burkini "qui pratiquent la discrimination, ce sont eux qui s'isolent dans un ghetto, ce sont eux qui sont coupables de discrimination, pas nous qui au contraire défendons les musulmans dans leurs pratiques".

Avec AFP

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