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L'interdiction du burkini examinée jeudi par une haute juridiction française


Une musulmane porte un burkini, un maillot de bain qui ne laisse que le visage, les mains et les pieds exposés, sur une plage à Marseille, France, 17 août 2016.

Une musulmane porte un burkini, un maillot de bain qui ne laisse que le visage, les mains et les pieds exposés, sur une plage à Marseille, France, 17 août 2016.

L’arrêté anti-burkini controversé pris par une station balnéaire du sud de la France sera sous examen au Conseil d'État français, la plus haute juridiction administrative du pays, examinera jeudi une requête de la Ligue des droits de l'homme (LDH).

Le Conseil d'État français, la plus haute juridiction administrative du pays, examinera jeudi une requête de la Ligue des droits de l'homme (LDH) contre un arrêté anti-burkini controversé pris par une station balnéaire du sud de la France, selon un communiqué publié mardi.

Dernier recours en matière de justice administrative, le Conseil d'État aura pour tâche de fixer la jurisprudence, c'est-à-dire les règles à suivre sur tout le territoire français, pour tous les arrêtés de ce type adoptés par une série de communes du littoral.

Le débat autour du burkini, tenue de bain islamique qui couvre le corps des cheveux aux chevilles, agite le pays depuis une dizaine de jours.

Lundi, le tribunal administratif de Nice (sud) a validé un arrêté anti-burkini pris par une commune de la Côte d'Azur, en estimant que cette interdiction, prononcée par plusieurs autres stations balnéaires, était "nécessaire, adaptée et proportionnée" pour éviter des troubles à l'ordre public après la succession d'attentats en France, dont celui de Nice le 14 juillet (86 morts).

La juridiction locale a aussi estimé que le port de ces tenues de bain très couvrantes était "de nature à porter atteinte aux convictions ou l'absence de convictions religieuses des autres usagers de la plage" et "être ressenti comme une défiance ou une provocation exacerbant les tensions ressenties par la population".

Le Premier ministre français Manuel Valls a déclaré "comprendre les maires" qui ont pris de telles décisions.

Pour la LDH et d'autres associations, cet arrêté contient des "atteintes graves et manifestement illégales à de nombreuses libertés fondamentales", entre autres la liberté de religion.

Les burkinis (contraction de burqa et bikini) sont extrêmement rares sur les plages françaises. En revanche, sur la côte méditerranéenne, une minorité de femmes musulmanes restent voilées et couvertes sur la plage.

La France, qui compte la première communauté musulmane d'Europe, a interdit en 2010 le port du voile intégral dans l'espace public, mais rien n'y proscrit le port de signes ou de vêtements religieux.

Avec AFP

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