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L'ex-chef de la marine, libéré d'une prison américaine, veut réintégrer l'armée en Guinée-Bissau


L'ex-chef de la Marine bissau-guinéenne Bubo Na Tchuto. 2 avril 2010.

L'ex-chef de la Marine bissau-guinéenne Bubo Na Tchuto. 2 avril 2010.

L'ex-chef de la Marine bissau-guinéenne Bubo Na Tchuto, libéré après avoir purgé une peine de prison aux Etats-Unis pour trafic de drogue, a demandé au président José Mario Vaz sa réintégration dans les forces armées.

Le contre-amiral Na Tchuto, rentré dans son pays le 22 octobre, a fait cette demande lors d'une audience que lui a accordée le président Vaz, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.

"Je rentre d'un voyage qui m'a éloigné du pays pendant trois ans. Il est normal qu'à mon retour je vienne voir le chef suprême des armées", a-t-il déclaré à la presse.

"J'ai discuté avec le président de mon retour dans l'armée. Maintenant, tout dépend du président. Je suis un vétéran de la guerre d'indépendance de ce pays, j'ai tout donné pour ce pays", a ajouté l'officier.

Interrogé sur la situation de Bubo Na Tchuto, le Premier ministre Baciro Dja a affirmé qu'il était "un fils du pays, un vétéran de la guerre d'indépendance", ajoutant: "Il est toujours le bienvenu dans son pays".

"Je ne connais pas encore les circonstances de sa libération, donc je ne peux me prononcer sur son cas", a poursuivi M. Dja.

Un nouveau chef de la Marine, Carlos Alfredo Mandungal, a été nommé en juillet, en remplacement de Sanha Klucé, décédé en mai.

Capturé par des policiers américains en avril 2013 pour trafic de drogue et emprisonné aux Etats-Unis depuis, Bubo Na Tchuto a plaidé coupable lors de son procès en mai 2014, du chef d'accusation de "conspiration pour importer des substances contrôlées".

Il a été condamné le 4 octobre à quatre ans de prison par un tribunal de New York, ce qui, compte tenu des quelque trois années passées en détention et d'une remise de peine de six mois pour bonne conduite, a abouti à sa libération, a indiqué jeudi soir à l'AFP l'administration pénitentiaire américaine.

Son arrestation, comme l'inculpation en 2013 du chef d'état-major, le général Antonio Indjai - limogé en septembre 2014 par M. Vaz - avait illustré la montée du trafic de drogue en Afrique de l'Ouest, et la place de la Guinée Bissau dans ce trafic, avec la complicité présumée de hauts responsables militaires.

Le représentant spécial de l'ONU en Afrique de l'Ouest Mohamed Ibn Chambas avait néanmoins salué en novembre 2015 les progrès réalisés par la Guinée-Bissau dans la lutte contre le narcotrafic depuis l'élection du président Vaz en 2014.

Avec AFP

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