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"L'espion" rwandais arrêté au Burundi est tout sauf un soldat, selon ses proches


La police burundaise entend un homme

La police burundaise entend un homme

Le Rwandais arrêté au Burundi et présenté par le gouvernement burundais comme un "espion" à la solde de Kigali est considéré par sa famille comme un "fou" et un "bandit" mais pas un soldat, selon les témoignages de proches interrogés par l'AFP dans son village.

"Mon fils n'a jamais été dans l'armée ni n'a côtoyé de près ou de loin des militaires, il ne connaît que le vol", a affirmé Esdras Nsabimana, le père de Cyprien Rucyahintare, depuis le village de Mugina dans le sud du Rwanda, près du lac Rweru, à la frontière avec le Burundi.

"C'est un bandit", martèle-t-il. M. Rucyahintare avait été arrêté le 7 mars au Burundi selon les autorités locales et avait été présenté comme un militaire rwandais d'active, en mission pour déstabiliser le pays.

L'homme s'était lui même présenté à la presse comme un "caporal" de l'armée rwandaise et avait notamment expliqué être entré au Burundi pour une mission d'espionnage.

L'armée rwandaise avait immédiatement réfuté des "accusations puériles" et démenti tout lien avec cet homme.

Esdras Nsabimana, un agri-éleveur, a expliqué que son fils avait disparu la semaine précédant l'annonce de son arrestation, juste après lui avoir volé un sac de haricots, le dernier d'une longue série de larcins.

"Il n'a jamais été dans l'armée", a renchéri Phocas Uwaritatse, 20 ans, l'un des frères de M. Rucyahintare. Il dresse le portrait d'un "fou", d'un illettré qui a arrêté sa scolarité en "troisième année primaire".

M. Uwaritatse raconte avoir, comme son père, vu la vidéo de la "confession" de son frère grâce à des journalistes. "Ca m'a vraiment surpris. Il a sûrement été utilisé par le Burundi. Peut-être qu'on lui a donné de l'argent pour ternir l'image du Rwanda", a-t-il supputé.

Le Burundi est plongé dans une profonde crise politique depuis la candidature fin avril 2015 du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, qu'il a obtenu en juillet.

Plus de 400 personnes ont été tuées depuis le début de la crise, qui a poussé plus de 250.000 personnes à l'exil. Depuis lors, les relations se sont envenimées pour devenir délétères entre le Burundi et le Rwanda, accusé d'entraîner sur son sol des réfugiés burundais pour déstabiliser le régime de Nkurunziza.

Avec AFP

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