Liens d'accessibilité

L'EI se propage comme un cancer ou Ebola, s'alarme Ban Ki-moon


Le Secrétaire général de l'ONU Ban ki-moon et un activiste mozambicain Raquelina Langa

Le Secrétaire général de l'ONU Ban ki-moon et un activiste mozambicain Raquelina Langa

Le secrétaire général de l’ONU a affirmé que la prévention contre l’Etat islamique devait être au premier plan des efforts, avertissant que le groupe jihadiste se propageait comme un cancer.

Ban Ki-moon a fait la déclaration aux médias lors d'une conférence internationale sur la prévention de l'extrémisme violent.

"ISIL (acronyme anglais de l'EI, ndlr), et tous les autres extrémistes se propagent maintenant comme un cancer partout dans le monde", a déclaré le secrétaire général de l'ONU aux médias, à l'occasion d'une conférence internationale à Genève sur la prévention de l'extrémisme violent.

Mais, a-t-il dit, "nous devons mettre la prévention au premier plan de nos efforts. Des preuves existent montrant que la riposte sécuritaire et militaire ne peut à elle seule faire échec à ce fléau".

S'exprimant lors de la conférence à Genève, l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie a expliqué que lorsque la communauté internationale laissait un conflit se prolonger, l'EI ou le "terrorisme international" y infiltrait désormais "son ADN".

"Ils sont opportunistes, ils sont comme Ebola. Ils sont à la recherche d'un corps faible et y entrent", a-t-il dit, soulignant toutefois qu'il était possible de les stopper grâce à divers "médicaments" comme développer la coopération internationale, aider les populations, mettre sur pied une solution politique, apporter une réponse militaire et de sécurité et empêcher les terroristes d'avoir accès à leurs fonds.

Lors de la conférence, qui a réuni depuis jeudi plus de 600 personnes dont une trentaine de ministres et vice-ministres, Ban Ki-moon a appelé les Etats à mettre en œuvre des politiques nationales fondées sur les quelque 70 recommandations du plan d'action contre l'extrémisme violent présenté par l'ONU en janvier.

Ces recommandations sont souvent assez vagues ou déjà appliquées dans divers pays. Elles vont d'actions pour lutter contre la radicalisation des jeunes à des "programmes de réadaptation" des étrangers enrôlés dans des groupes jihadistes, en passant par une "police de proximité".

Les dirigeants religieux sont appelés à prêcher la tolérance et les fournisseurs d'internet, outil de prédilection de la propagande extrémiste, sont simplement "invités à appuyer les initiatives de prévention".

M. Ban a indiqué qu'il allait créer "un groupe d'action de haut niveau mobilisant tout le système des Nations unies" pour mettre en oeuvre les "efforts" demandés par le plan d'action et a appelé les Etats à "une coopération internationale accrue".

De son côté, le ministre suisse des Affaires étrangères, Didier Burkhalter, qui coprésidait la conférence, a relevé que "la prévention de l'extrémisme violent consiste à renforcer la promotion de l'état de droit, des droits de l'Homme et du droit international humanitaire".

"Nous devons rester vigilants pour que la lutte que nous menons contre le terrorisme respecte la liberté d'expression, la liberté des citoyens", a déclaré pour sa part le chef de la diplomatie belge, Didier Reynders, dont le pays a récemment été la cible d'attentats revendiqués par l'EI et faisant 32 morts.

"Le respect des droits de l'Homme, c'est non seulement une façon efficace de lutter contre le terrorisme, mais c'est une façon aussi de ne pas céder face aux terroristes, de ne pas leur laisser gagner du terrain", a-t-il ajouté.

Le médiateur des Nations unies pour la Syrie Staffan de Mistura avait, lui, comparé les jihadistes au virus meurtrier Ebola, il y a quelques temps.

Avec AFP

XS
SM
MD
LG