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L'EI continue de commettre un "génocide" contre les Yazidis en Syrie selon l’ONU


Les personnes déplacées de la secte minoritaire Yazidi, fuyant la violence des forces loyales à l'État islamique dans la ville de Sinjar, marchent vers la frontière syrienne, à la périphérie de montagne Sinjar, près de la ville frontalière syrienne d’Elierbeh, 11 août 2014. REUTERS / Rodi Said

Les personnes déplacées de la secte minoritaire Yazidi, fuyant la violence des forces loyales à l'État islamique dans la ville de Sinjar, marchent vers la frontière syrienne, à la périphérie de montagne Sinjar, près de la ville frontalière syrienne d’Elierbeh, 11 août 2014. REUTERS / Rodi Said

La commission d'enquête de l'ONU sur les droits de l'Homme en Syrie appelle le Conseil de sécurité des Nations unies à saisir la Cour pénale internationale (CPI) sur le génocide qui, selon elle, est en cours en Syrie contre les Yazidis, une minorité kurdophone notamment présente en Irak.

Le groupe djihadiste Etat islamique continue, selon la commission d'enquête de l'ONU sur les droits de l'Homme en Syrie, à perpétrer le "génocide" contre les Yazidis.

Le "génocide (...) est en cours", a indiqué le président de cette commission, le brésilien Paulo Pinheiro, dans un communiqué appelant le Conseil de sécurité des Nations unies à saisir la Cour pénale internationale (CPI).

"ISIS (acronyme anglais du groupe Etat islamique) soumet chaque femme, enfant et homme yazidi qu'il capture aux atrocités les plus horribles", a-t-il ajouté.

Dans un rapport publié jeudi, la commission, mandatée par le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, indique qu'environ 3.200 Yazidis sont dans les mains de l'EI, la majorité en Syrie. Les femmes et des filles sont entretenues comme esclaves sexuelles, tandis que les garçons sont endoctrinés et utilisés dans les combats.

En 2014, les djihadistes de l'EI ont massacré et capturé des Yazidis lors de leur conquête du mont Sinjar (fief de cette minorité) au nord de l'Irak, près de la frontière syrienne. Le 13 novembre 2015, les forces kurdes irakiennes ont repris avec l'appui aérien de la coalition la ville de Sinjar.

La commission dénonce la façon dont "le groupe terroriste a procédé au transfert forcé des Yazidis en Syrie" et estime que "le génocide se poursuit".

L'EI "continue de chercher à détruire les Yazidis de multiples façons", estiment les enquêteurs de l'ONU, qui n'ont jamais pu se rendre en Syrie mais qui ont pu obtenir le témoignage de rescapés.

"Les survivants qui se sont échappés de leur captivité en Syrie décrivent comment ils ont enduré des viols brutaux, souvent de façon quotidienne, et ont été punis s'ils essayaient de s'échapper", a expliqué un autre enquêteur de l'ONU, Vivit Muntarbhorn.

Le rapport explique que le groupe extrémiste sunnite cherche à "éliminer" les Yazidis en les tuant, en les transformant en esclaves sexuelles, en les torturant physiquement et mentalement, en leur imposant des conditions de vie horribles les faisant "mourir à petit feu" ou encore en faisant tout pour éviter la naissance de bébés yazidis.

Regroupés notamment dans le Kurdistan irakien et considérés comme hérétiques par l'EI, les Yazidis forment un groupe ethnique pratiquant une religion monothéiste qui a emprunté certains de ses éléments au christianisme ou à l'islam.

Les Etats-Unis et le Parlement européen avaient déjà affirmé début 2016 que les massacres perpétrés par le groupe EI contre la minorité yazidie étaient un génocide. En mars 2015, d'autres enquêteurs de l'ONU avaient souligné que les attaques des djihadistes de l'EI contre la minorité yazidie "pourraient constituer un génocide".

Une saisine de la CPI par l'ONU ne peut être possible qu'avec un Conseil de sécurité uni. D'après Carla del Ponte, autre membre de la Commission d'enquête sur la Syrie, le Conseil de sécurité n'a pas de raison d'être désuni sur ce sujet car il a inscrit l'EI sur la liste noire des organisations terroristes.

Avec AFP

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