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La police réprime une manifestation contre la nouvelle monnaie au Zimbabwe


Un groupe de manifestants protestent contre la nouvelle devise à Harare, Zimbabwe, le 30 novembre 2016.

Un groupe de manifestants protestent contre la nouvelle devise à Harare, Zimbabwe, le 30 novembre 2016.

La police a réprimé mercredi à Harare, à coups de gaz lacrymogène et de canons à eau, une manifestation de l'opposition contre la mise en circulation de "billets d'obligation", une nouvelle monnaie destinée à pallier la pénurie de liquidités.

Une centaine de partisans du principal parti d'opposition du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) et du groupe Tajamuka de la société civile chantaient des slogans anti-gouvernementaux quand la police est intervenue.

Les opposants brandissaient aussi des pancartes accusant le président Robert Mugabe, 92 ans, d'être un "âne boiteux". "Billets d'obligation = papier toilette", "Pas de billets d'obligation", pouvait-on encore lire sur des affiches.

Des magasins du centre-ville ont fermé leurs devantures alors que la police a tabassé des manifestants à coups de matraques en plastique, a constaté un journaliste de l'AFP.

"On ne va pas accepter les +billets d'obligation+ comme nous le demande le gouvernement", a déclaré un porte-parole de Tajamuka, Hardlife Mudzingwa.

Ils "ne vont pas résoudre le problème de manque de liquidités", a-t-il estimé, alors que l'Etat, les banques et les particuliers sont à court de cash.

Le Zimbabwe a abandonné en 2009 sa devise nationale, qui avait perdu toute sa valeur en raison d'une inflation galopante. Depuis, les transactions se faisaient en dollars américains et rands sud-africains.

Mais, confronté à une pénurie de liquidités, Harare a décidé d'introduire lundi des "billets d'obligation", selon la dénomination officielle, indexés sur le dollar américain.

Cette nouvelle monnaie qui ne dit pas son nom a fait ressurgir le spectre de l'hyperinflation.

A la plupart des distributeurs de monnaie, les clients obtiennent désormais la moitié de la somme demandée en billets verts et l'autre moitié en "billets d'obligation".

Avec AFP

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