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L'Angola amnistie les condamnés à 12 ans de prison maximum pour délits non violents


Les activistes angolais au tribunal à Luanda, Angola, le 16 Novembre 2015.

Les activistes angolais au tribunal à Luanda, Angola, le 16 Novembre 2015.

Le parlement angolais a adopté mercredi une loi d'amnistie pour les personnes condamnées à des peines maximales de 12 ans de prison pour des délits non violents, un texte qui devrait s'appliquer, selon des sources concordantes, aux 17 opposants assignés à résidence.

La loi, proposée par le gouvernement, "accorde le pardon pour tous les crimes passibles d'emprisonnement jusqu'à 12 ans commis par des citoyens angolais ou des étrangers", a déclaré le ministre de la Justice et des droits de l'Homme, Rui Mangueiras.

Sont cependant exclus de l'amnistie les crimes violents, les délits sexuels, le trafic de stupéfiants, la traite des personnes et des organes humains, a-t-il précisé devant le parlement.

Quelque 8.000 personnes devraient bénéficier de cette loi, selon le gouvernement.

Les 17 opposants politiques condamnés en mars à des peines de deux à huit ans de prison pour tentative de rébellion - un verdict dénoncé par les organisations de défense des droits de l'Homme - devraient "en principe" en bénéficier, selon Zenaida Machado de Human Rights Watch (HRW).

"Cependant si cela se produit, cela ne correspond pas à nos attentes. On veut que le gouvernement abandonne les charges contre eux ou qu'un tribunal les acquitte car ils n'ont commis aucun crime", a-t-elle déclaré à l'AFP.

L'avocat Zola Bambi, qui défend les 17 opposants politiques, a également regretté que "l'Etat ne reconnaisse pas l'absence d'infractions commises" par ses clients. Ils n'ont "commis aucun crime qui conduirait à la déclaration de culpabilité. Ce qu'on attend, c'est un acquittement pas une amnistie", a-t-il dit à l'AFP.

Les 17 opposants, dont le rappeur Luaty Beirao, qui a la double nationalité franco-portugaise, ont été libérés en juin et assignés à résidence. Ils appartiennent au Mouvement révolutionnaire pour l'Angola qui réclame le départ du président José Eduardo dos Santos, au pouvoir depuis 1979.

La loi d'amnistie "est bienvenue et appréciée parce que les prisons sont surpeuplées avec 26.000 détenus", a réagi à l'AFP le porte-parole des services correctionnels, Menezes Cassoma.

HRW a aussi salué cette décision qui s'inscrit dans le processus de révision en cours du code pénal angolais. "Cela n'a pas de sens d'avoir des gens condamnés à des peines de prison allant jusqu'à 12 ans pour des petits crimes", a fait valoir Zenaida Machado.

Avec AFP.

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