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L'Afrique de l'Ouest veut "interdire" le voile islamique intégral


Une femme voilée marche dans les rues de Yaoundé, Cameroun, 16 juillet 2015.

Une femme voilée marche dans les rues de Yaoundé, Cameroun, 16 juillet 2015.

Les dirigeants d'Afrique de l'Ouest se sont entendus jeudi pour "interdire" le voile islamique intégral dans leurs pays respectifs, pour lutter contre la multiplication des attentats kamikazes commis notamment par des femmes.

Les chefs d'Etat doivent "prendre des mesures" pour "interdire" "tous les vêtements qui rendent impossible l'identification d'une personne", a déclaré le président de la Commission de la Cédéao Kadré Desiré Ouédraogo à l'issue d'un sommet de deux jours de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest.

Le Tchad a déjà interdit le voile intégral sur l'ensemble de son territoire en juin, à la suite d'un double attentat-suicide à N'Djamena. Le Cameroun et le Niger ont pris des mesures similaires en juillet, dans certaines de leurs régions frappées par des attaques kamikazes.

Les pays d'Afrique de l'Ouest devront agir "en prenant en compte leur propre situation et leur environnement culturel", a précisé M. Ouédraogo.

L'islam est la religion largement majoritaire dans toute la région sahélienne, qui traverse toute l'Afrique de l'Ouest.

Le groupe islamique nigérian Boko Haram a eu de nombreuses fois recours à des femmes, parfois des adolescentes voire des fillettes, pour commettre des attentats-suicides.

Ces attaques ont touché non seulement le nord du Nigeria, mais aussi les pays voisins, le Tchad, le sud-est du Niger et le nord du Cameroun.

Le dernier en date s'est produit mercredi à Mafa, dans le nord-est du Nigeria, où quatre jeunes femmes ont attaqué un poste de contrôle. Selon un responsable local, il s'agissait de fillettes âgées de 9 à 12 ans.

Alors qu'au Sénégal, le phénomène est resté marginal, il s'est beaucoup développé ces dernières années en Guinée, aussi bien dans la capitale Conakry qu'en province, selon les correspondants de l'AFP - ces deux pays étant très majoritairement musulmans.

Au Burkina Faso (islamisé à 60%), de plus en plus de femmes sont vêtues du voile intégral dans les quartiers musulmans de Ouagadougou et à Bobo Dioulasso, la deuxième ville du pays.

En Côte d'Ivoire (40% de musulmans) on aperçoit de plus en plus de femmes qui le portent, même à Abidjan, capitale assez tournée vers l'Occident.

Au Niger, seules les autorités de la région de Diffa (sud-est nigérien frontalier du Nigeria), confrontée depuis février aux attaques de Boko Haram, ont interdit le port du voile intégral "pour des raisons de sécurité". Mais le port du niqab est très marginal dans ce pays majoritairement musulman.

De plus en plus méfiants, de nombreux Nigériens se disent favorables à l'interdiction.

"Avec ce qui se passe ailleurs, j'ai déjà renvoyé quelques femmes aux visages voilées de mon échoppe", a confié à l'AFP un vendeur de produits cosmétiques du Grand marché de Niamey.

"Malheureusement c'est à travers elles (les femmes voilées) que ces mouvements bandits profitent pour semer des crimes odieux envers nos populations", a déploré Adamou Idé, un écrivain nigérien.

Rarissime il y a une décennie en Afrique centrale, le port du voile intégral tend a s'y développer. Au Gabon la police a d'ailleurs reçu instruction de renforcer les contrôles des femmes le portant.

Avec AFP

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