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La surenchère des Kurdes de Syrie


Kurd flag in Syrian town of Kobani

Kurd flag in Syrian town of Kobani

Ils ont proclamé une région fédérale dans le nord du pays. Une annonce immédiatement rejetée par Damas et l’opposition syrienne.

L'annonce a été faite lors d'une réunion de deux jours de plus de 150 représentants de kurdes, arabes et assyriens à Rmeilane dans le nord-est de la Syrie.

"Le système fédéral a été approuvé pour la région Rojava" (Kurdistan syrien), a déclaré Sihanouk Dibo, un responsable du Parti de l'Union démocratique (PYD), principal parti kurde en Syrie.

Il s'agit d'unir les trois cantons kurdes (Afrine, Jaziré et Kobané) plus les zones récemment conquises au sein de la zone d'administration autonome mise en place depuis le début du conflit.

Les Kurdes font valoir que leur projet est fondé sur une base territoriale et non ethnique. D’ailleurs deux présidents, un Arabe et une Kurde, ont été élus à la tête du conseil chargé d'appliquer ce système fédéral.

Sur VOA Afrique, Maria Fantappie spécialiste de la Syrie à International Crisis Group affirme que "ce projet n’est pas nouveau.

D’après la chercheuse basée à Istanbul, "les froces kurdes en Syrie ont eu beaucoup de succès dans la bataille contre le groupe Etat Islamique. En profitant du soutien militaire américain, elles ont gagné beaucoup de terrain", selon Maria Fantappie.

Initiative à sens unique

Cette initiative inédite, s'apparente à une autonomie de fait. Elle a été immédiatement rejetée par le régime de Damas et l'opposition syrienne qui négocient à Genève pour tenter de mettre fin à cinq ans de guerre fratricide. Exclus de ces négociations, les Kurdes de Syrie ont voulu envoyer un message fort. Ils montrent leur détermination à décider de leur propre sort s'ils sont toujours ignorés. D’autant qu’ils sont devenus un acteur incontournable dans la lutte contre le groupe Etat islamique.

Mais l'idée même de fédéralisme nourrit les craintes d'une partition de la Syrie Les responsables kurdes syriens ont souligné toutefois que le fédéralisme n’est pas un premier pas vers l'indépendance mais plutôt vers une sorte de fédéralisme.

Peu après l'annonce, Damas a mis en garde toute partie ayant l'intention de porter atteinte à l'unité du territoire, estimant que cette annonce n'avait "aucune valeur juridique".

De son côté, la Coalition de l'opposition syrienne estime que "la forme de l'Etat syrien, centrale ou fédérale" doit être décidée à l'issue de négociations.

Les Etats-Unis, qui ont soutenu et encouragé les Kurdes dans leur lutte contre l'EI, ont prévenu qu'ils ne reconnaîtraient pas la création d'une région unifiée et autonome kurde et refuseraient le démantèlement du pays.

La Turquie de son côté rejette "ces initiatives unilatérales qui ne peuvent pas être valables". Ankara considère les forces kurdes syriennes comme des terroristes à l'instar du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Depuis le début de la crise en 2011, les Kurdes qui représentent 10% de la population contrôlent maintenant près 14% du territoire syrien.

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