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Kigali conteste vivement l’arrestation d’Emmanuel Karenzi Karake à Londres


Une cérémonie de commémoration du génocide rwandais à Kigali, octobre 2014.

Une cérémonie de commémoration du génocide rwandais à Kigali, octobre 2014.

La ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, a qualifiée d'"inacceptable" l’arrestation du chef des services de renseignement rwandais.

"Il est scandaleux d’arrêter un officier rwandais sur base de la folie pro-génocidaire", a écrit Mme Mushikiwabo sur son compte Twitter, précisant en passant que la solidarité occidentale pour avilir les Africains était inacceptable.

Dans le même temps, le ministre de la Justice du Rwanda Busingye Johnston a annulé mardi une visite en Espagne, où il devait être reçu par son homologue espagnol Rafael Catala, selon les autorités espagnoles.

La réaction rwandaise intervient après l'arrestation du chef des services de renseignement du Rwanda, Emmanuel Karenzi Karake, samedi à Londres sous le coup d'un mandat d'arrêt européen émis par l'Espagne.

Agé de 54 ans, le général "KK" , comme il est applé au Rwanda, a été arrêté par des agents de l'unité de l'extradition de la police londonienne à l'aéroport de Heathrow samedi à environ 09h45, a indiqué mardi un porte-parole de Scotland Yard.

L'arrestation a été réalisée "en vertu d'un mandat d'arrêt européen émis par les autorités en Espagne, où il est recherché dans le cadre de crimes de guerre contre des civils", a-t-il précisé.

Une source judiciaire espagnole à Madrid a toutefois indiqué que le général Karenzi Karake n'était plus poursuivi pour crimes de guerre --des chefs d'inculpation qui ont été classés-- mais qu'il reste poursuivi pour des "crimes de terrorisme".

Le général rwandais a comparu devant un tribunal londonien dès samedi après-midi et a été placé en détention provisoire jusqu'à jeudi, date à laquelle il doit de nouveau comparaître devant la justice.

Personnalité clé du régime rwandais, Karenzi Karake, souvent surnommé "KK", est l'une des figures de l'ancienne rébellion à dominante tutsi du Front patriotique rwandais (FPR, aujourd'hui au pouvoir) de Paul Kagame.

Il fut aussi en 2008-2009 le numéro deux de la Minuad, la mission de paix ONU-Union africaine déployée au Darfour dans l'ouest du Soudan.

La justice espagnole a lancé mardi la procédure de demande de remise à l'Espagne du chef des services de renseignement du Rwanda, le général Emmanuel Karenzi Karake, une figure-clé du régime de Paul Kagame, arrêté par la police britannique samedi à Londres.

Le parquet de l'Audience nationale espagnole, en charge notamment des affaires de terrorisme, a demandé à un tribunal de cette même juridiction de solliciter des autorités britanniques la remise à l'Espagne du militaire rwandais.

Londres et Madrid ont fourni des explications différentes sur les motifs de l'interpellation de ce général de 54 ans, qui doit de nouveau comparaître jeudi devant un tribunal britannique.

La justice espagnole enquête depuis 2008 sur la disparition ou la mort de neuf Espagnols au Rwanda, et notamment sur le décès en janvier 1997 de trois travailleurs humanitaires de Médecins du Monde.

Elle avait émis un acte d'accusation visant 40 responsables rwandais dont Emmanuel Karenzi Karake, pour des faits de génocide, crimes de guerre, crimes contre l'humanité et terrorisme en lien avec le conflit rwandais.

Selon cet acte, le général Karake aurait "eu connaissance et approuvé le massacre de civils entre 1994 et 1997 dans les villes de Ruhengeri, Gisenyi et Cyangugu, y compris la mort de trois travailleurs humanitaires espagnols".

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