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Kigali demande à  Bujumbura de faire la lumière sur la mort d’un ancien ministre rwandais en prison


Pierre Nkurunziza, président du Burundi

Pierre Nkurunziza, président du Burundi

Les autorités rwandaises tiennent à ce que la lumière soit faite sur la mort subite de Jacques Bihozagara, ancien ministre et ancien ambassadeur du Rwanda en Belgique et en France, mercredi à la prison centrale de Mpimba, à Bujumbura, a déclaré un cadre du ministère des Affaires étrangères du Rwanda.

"Nous sommes bouleversé par cette nouvelle qui vient de nous être confirmée", a-t-il affirmé, selon l’AFP. "Notre ressortissant était détenu illégalement, sans jugement, nous demandons aux autorités burundaises de faire la lumière sur cette mort subite car elle suscite beaucoup de questions", a-t-il souligné.

Les causes de la mort de Jacques Bihozagara n’ont pas encore été élucidées.

Selon des témoignages recueillis auprès des détenus de Mpimba, M. Bihozagara "se portait bien" mercredi même s’il avait pris rendez-vous avec le centre médical de la prison pour l’après-midi.

Le ministère burundais de la justice discute avec la famille d'une éventuelle autopsie.

La police burundaise contactée estime que la direction générale des services pénitentiaires est plus habilitée à donner des informations relatives à cette mort subite. Mais le directeur de la prison n’était pas joignable.

M. Bihozagara avait été arrêté le 4 décembre 2015 par le Service national de renseignement (SNR), un service qui dépend directement du président Pierre Nkurunziza et qui le soupçonnait "de travailler pour les renseignements de son pays", avait expliqué à l'AFP à l'époque un de ses cadres, sous couvert d'anonymat.

Après avoir pris sa retraite, Jacques Bihozagara s'était reconverti dans le privé et se rendait régulièrement au Burundi, où il avait de la famille, pour ses affaires.

Le Burundi est plongé dans une profonde crise politique depuis la candidature fin avril 2015 du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat controverse qu'il a obtenu en juillet.

Plus de 400 personnes ont été tuées depuis le début de la crise, qui a poussé plus de 250.000 personnes à l'exil. Depuis lors, les relations se sont détériorées entre le Burundi et le Rwanda.

Bujumbura accuse notamment son voisin du nord d'entraîner sur son sol des réfugiés burundais pour déstabiliser le régime du président Nkurunziza. Le Rwanda rejette en bloc ces accusations et rétorque que les causes profondes de la crise actuelle sont internes au Burundi.

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