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Khamenei pour un compromis "juste'' sur le programme nucléaire de Téhéran


L'Ayatollah Ali Khamenei (AP)

L'Ayatollah Ali Khamenei (AP)

"Je suis pour tout accord susceptible d'être conclu. Bien sûr, je ne suis pas favorable à un mauvais accord. Mieux vaut aucun accord qu'un accord contraire aux intérêts de l'Iran", a dit Khamenei.

DUBAI/MUNICH (Reuters) - Le guide suprême de la Révolution iranienne, l'ayatollah Ali Khamenei, a laissé entendre dimanche qu'il pourrait se satisfaire d'un accord équitable sur le programme nucléaire de l'Iran, aux termes duquel nul n'obtiendrait la totalité de ce qu'il voulait.

"Je suis pour tout accord susceptible d'être conclu. Bien sûr, je ne suis pas favorable à un mauvais accord. Mieux vaut aucun accord qu'un accord contraire aux intérêts de l'Iran", a-t-il dit lors d'un discours cité par plusieurs agences de presse iraniennes et prononcé devant le personnel de l'armée de l'air.

Ses déclarations semblent aller dans le sens du ton conciliant du président Hassan Rohani, qui a relancé la diplomatie avec les pays occidentaux peu après son élection à la tête du pays à la mi-2013. Elles semblent aussi être un signal de soutien aux négociateurs iraniens, critiqués par les durs du régime, hostiles à tout rapprochement avec l'Occident.

"Comme le président (Rohani) l'a dit, négocier, c'est parvenir à un compromis. Aussi, l'autre partie ne doit pas penser que ses attentes illogiques peuvent se concrétiser", a dit Ali Khamenei. "Je suis pour la conclusion d'un bon accord et la nation iranienne ne s'opposera certainement pas à un accord qui préservera la dignité et l'intégrité", a dit l'ayatollah, prévenant là, semble-t-il, les "durs" du régime qu'ils devront sans doute accepter un accord avec les Etats-Unis, qualifiés communément de "grand Satan" en Iran.

"Cela signifera qu'une partie n'obtiendra pas tout ce qu'elle veut", a expliqué le guide suprême, au pouvoir depuis 1989 et qui a longtemps été connu pour son rejet de toute politique de détente avec l'Occident, jusqu'à ce qu'il charge Rohani de tenter de mettre fin au contentieux avec l'Occident sur le nucléaire. Toutefois, a dit Khamenei - apparemment pour satisfaire la frange dure du régime - "la nation iranienne n'acceptera pas les exigences excessives, par plus que les attitudes illogiques".

L'Occident soupçonne l'Iran de chercher à se doter secrètement de l'arme atomique, alors que Téhéran assure depuis des années que son programme nucléaire est purement civil, voué à la production d'électricité.

Ali Khamenei a indiqué qu'il était "fermement" favorable à la poursuite des négociations, et il a appelé de ses voeux un accord "détaillé" direct, sans passer par l'étape d'un accord politique. Les parties prenantes des négociations se sont fixé pour objectif de parvenir avant la fin mars à un premier accord politique, qui devra ouvrir la voie à la conclusion d'un accord définitif d'ici à la date-butoir du 30 juin.

Les déclarations d'Ali Khamenei ont coïncidé avec la série d'entretiens qu'a eus ce week-end à Munich, à la Conférence sur la sécurité, le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, avec des responsables occidentaux comme le secrétaire d'Etat américain John Kerry ainsi que des diplomates allemands, russes, britanniques, français et chinois.

Zarif a parlé à cet égard de "discussions très sérieuses". Concernant la date-butoir du 30 juin, le ministre iranien a estimé qu'une nouvelle prolongation des discussions ne serait dans l'intérêt de personne, même si un échec ne serait "pas la fin du monde". "Je ne pense pas que cela sera la fin du monde si nous ne trouvons pas d'accord", a déclaré Mohammad Javad Zarif. "Mais je pense qu'une nouvelle prolongation des discussions n'est dans l'intérêt de personne, je pense d'ailleurs qu'elle n'est ni nécessaire ni utile", a-t-il dit.

Les principaux points d'accroc persistants portent sur le rythme auquel les sanctions internationales visant l'Iran devraient être levées, mais sur aussi la quantité de combustible nucléaire que pourrait produire l'Iran - aspect crucial pour empêcher la mise au point de bombes atomiques.

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