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Kerry réaffirme l'appui américain au "succès" de la jeune démocratie tunisienne


John Kerry, Tunis, 13 novembre 2015

John Kerry, Tunis, 13 novembre 2015

Le secrétaire d'Etat américain a réaffirmé le soutien des Etats-Unis à la jeune démocratie tunisienne, dont Washington "veut le succès", lors de la tenue d'un "dialogue stratégique" destiné à consolider le partenariat, notamment financier, entre les deux alliés.

"Les yeux du monde sont sur la Tunisie, et l'Amérique veut le succès de la Tunisie", a dit M. Kerry lors d'une conférence de presse à Tunis avec son homologue Taïeb Baccouche. "Les Etats-Unis demeurent très impliqués dans le renforcement de l'économie tunisienne", a-t-il ajouté, soulignant que l'aide américaine avait atteint "plus de 700 millions de dollars" depuis la révolution de 2011.

Ce deuxième "dialogue stratégique", après celui inaugural de 2014, a permis de "discuter des perspectives de coopération aux niveaux sécuritaire, militaire et économique", a de son coté déclaré le chef de la diplomatie tunisienne.

Sur le plan économique, cette rencontre devait permettre, selon le département d'Etat, d'étudier une nouvelle garantie de prêt de 500 millions de dollars, à la demande de Tunis. Une lettre d'intention a été signée en ce sens, a affirmé M. Baccouche, précisant que son pays aspirait "à l'approbation d'un programme d'aides sur cinq ans".

Au contraire d'autres pays de la région plongés dans le chaos, la Tunisie a réussi sa transition politique, et Washington y voit une "réponse à ceux qui prétendent que l'islam n'est pas compatible avec la démocratie".

Dès son arrivée à Tunis, John Kerry a ainsi rencontré les membres du quartette tunisien, récents lauréats du prix Nobel de la paix au titre du "dialogue national", qui avait permis de sauver cette transition démocratique en 2013.

Durant sa visite de quelques heures --avant de rejoindre Vienne pour une conférence internationale sur la Syrie--, M. Kerry s'est aussi entretenu avec Béji Caïd Essebsi, 88 ans, premier président élu démocratiquement, à la fin 2014.

En mai dernier, après une visite de M. Caïd Essebsi à Washington, la Tunisie a été désigné comme "allié majeur non membre de l'Otan", un statut qui permet d'avoir accès à une coopération militaire renforcée avec les Etats-Unis.

Dès le mois précédent, dans le sillage de l'attaque jihadiste du musée du Bardo (22 morts), Washington avait annoncé vouloir doubler son assistance à l'armée et aux forces de sécurité tunisiennes pour aider à surmonter les défis sécuritaires.

Depuis, la Tunisie a été frappée par un deuxième attentat, contre un hôtel de Sousse fin juin, qui a fait 38 morts.

Le pays, qui compte des milliers de ressortissants dans les rangs d'organisations telles que le groupe Etat islamique, est notamment confronté au chaos en Libye voisine. Il a entrepris cet été la construction d'un mur frontalier de quelque 200 km.

"La Libye est une source d'inquiétude pour la Tunisie. (...) L'appui des Etats-Unis serait le bienvenu afin de nous aider à sécuriser les frontières", a noté M. Baccouche.

Alors que les négociations placées sous l'égide de l'ONU restent infructueuses, John Kerry a pour sa part indiqué s'être entretenu jeudi avec le nouveau émissaire onusien pour la Libye, Martin Kobler. Il a évoqué la perspective d'une conférence internationale "au cours des prochains mois".

Les attentats du Bardo et de Sousse, dont les auteurs avaient effectué des séjours en Libye, ont ravagé le secteur touristique de la Tunisie, dont l'économie peinait déjà à redémarrer depuis 2011.

Cette année, la croissance du PIB n'atteindra pas 1% et, en septembre, Tunis a indiqué qu'il solliciterait un nouveau plan d'aide d'au moins 1,7 milliard de dollars auprès du Fonds monétaire international (FMI).

Avec AFP

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