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Kerry à Bagdad pour soutenir l'Irak contre le groupe Etat Islamique


Le Secrétaire d 'Etat américain John Kerry recontre le Premier ministre irakien Haider Al-Abadi à Bagdad, Irak, le 8 avril 2016. (State Department)

Le Secrétaire d 'Etat américain John Kerry recontre le Premier ministre irakien Haider Al-Abadi à Bagdad, Irak, le 8 avril 2016. (State Department)

Le chef de la diplomatie américaine John Kerry est à Bagdad vendredi pour soutenir le gouvernement irakien qui doit à la fois se battre contre le groupe Etat islamique (EI), juguler une crise budgétaire et mener des réformes politiques.

Arrivé de Bahreïn pour une visite qui n'avait pas été annoncée, M. Kerry a rencontré le Premier ministre Haider al-Abadi, son homologue Ibrahim al-Jaafari et le président de la région autonome kurde Nechirvan Barzani.

Après avoir échangé quelques plaisanteries avec M. Jaafari, le ministre américain a souligné que "c'était évidemment un moment critique pour l'Irak et pour la région". Son hôte l'a félicité d'être un "secrétaire d'Etat plein d'énergie".

John Kerry, qui sillonne sans cesse la planète depuis trois ans, ne s'était pas rendu à Bagdad depuis septembre 2014, soit lors de la mise sur pied d'une coalition internationale contre l'EI en Irak et en Syrie.

La coalition internationale pilotée par les Etats-Unis et l'Irak vont "augmenter la pression" contre le groupe Etat islamique (EI) et "continuer" leurs frappes visant ses dirigeants, a annoncé vendredi à Bagdad le secrétaire d'Etat John Kerry.

Le chef de la diplomatie américaine a également assuré que la libération de Mossoul, la deuxième ville irakienne aux mains de l'EI, était "en haut de la liste des priorités".

"La coalition va travailler avec l'Irak pour augmenter encore plus la pression et nous continuerons à cibler et à éliminer des dirigeants de Daech", a déclaré M. Kerry lors d'une conférence de presse à l'ambassade des Etats-Unis à Bagdad.

Le chef de la diplomatie américaine est venu vendredi en Irak pour soutenir le gouvernement qui doit à la fois se battre contre le groupe EI, juguler une crise budgétaire et mener des réformes politiques.

Arrivé de Bahreïn pour une visite de quelques heures sous très haute sécurité, M. Kerry a rencontré le Premier ministre Haider al-Abadi, son homologue Ibrahim al-Jaafari et le président de la région autonome kurde Nechirvan Barzani.

Interrogé par la presse sur une éventuelle reprise par les forces irakiennes de la ville de Mossoul contrôlée par l'EI depuis juin 2014, John Kerry a assuré qu'"au bout du compte, Mossoul sera libérée".

"Sans le moindre doute (...) Mossoul est en haut de la liste des priorités", a martelé le secrétaire d'Etat, se refusant toutefois à fournir des détails et un calendrier sur les opérations militaires irakiennes et de la coalition pour reprendre la ville.

Mardi, le président Barack Obama avait réaffirmé que "détruire" l'EI restait sa "priorité numéro un", soulignant que les jihadistes continuaient à perdre du terrain, en Irak comme en Syrie.

La coalition internationale conduite par Washington a mené depuis plus d'un an et demi quelque 11.000 frappes aériennes contre les jihadistes en Syrie et en Irak, parallèlement aux opérations de l'armée syrienne et de son allié russe.

Quant à l'Irak, le Pentagone va soumettre "dans les prochaines semaines" ses propositions au président Obama pour renforcer le soutien militaire américain aux forces irakiennes, avait indiqué fin mars le chef d'état-major inter-armées, le général Joe Dunford. La Défense américaine a déployé officiellement 3.870 soldats en Irak. Mais le nombre réel est beaucoup plus important, à environ 5.000, selon des informations de presse.

Le renforcement des moyens militaires américains en Irak est un sujet sensible pour l'administration Obama, le président s'étant engagé à ne pas déployer de forces terrestres en Irak. Il est aussi un sujet délicat en Irak, où des milices chiites s'y opposent.

L'EI s'est emparé en 2014 de larges pans du territoire au nord et à l'ouest de Bagdad, mais les forces gouvernementales ont repris du terrain, notamment dans la province occidentale d'Al-Anbar, avec le soutien de la coalition.

- Reprendre Mossoul -

Le porte-parole de cette coalition à Bagdad a reconnu jeudi qu'elle était mieux préparée pour reprendre aux jihadistes Mossoul, la deuxième ville d'Irak, que Raqa, la "capitale" auto-proclamée de l'EI en Syrie. Mais pour éventuellement reprendre Mossoul, "il faudra une période de planification et de coordination très minutieuses avec les Irakiens", a prévenu un diplomate américain.

Au plan intérieur, le Premier ministre Abadi doit relever de nombreux défis: il cherche à remanier le gouvernement en incluant des technocrates afin de combattre la corruption et améliorer les services publics.

Les Etats-Unis "continueront de soutenir le peuple irakien qui oeuvre à un avenir (pour leur pays) unifié, libre, démocratique et prospère", a affirmé M. Kirby.

Fin mars, M. Abadi avait présenté devant le Parlement une proposition de nouveau gouvernement, une mesure censée apaiser les tensions politiques qui secouaient l'Irak depuis des semaines.

Ayant ainsi obtenu satisfaction à l'une de ses revendications, l'influent chef chiite irakien Moqtada Sadr avait alors appelé ses partisans à mettre fin à deux semaines de sit-in en plein centre de Bagdad. Des milliers de chiites étaient rassemblés depuis la mi-mars devant la Zone verte, un secteur ultra-sécurisé où se concentrent les hautes institutions irakiennes et de nombreuses ambassades, comme celle géante des Etats-Unis.

- Lutte anticorruption -

Moqtada Sadr réclamait un gouvernement de technocrates susceptible de s'attaquer à la corruption qui gangrène la classe politique et l'Etat, la mauvaise gouvernance et le délabrement des services publics.

Le gouvernement Abadi avait annoncé l'an dernier des réformes anticorruption mais qui sont restées en grande partie lettre morte.

L'Irak, dont les Etats-Unis se sont retirés militairement en décembre 2011 après une décennie de guerre, possède des réserves de pétrole parmi les plus importantes au monde. Mais des années de corruption et de mauvaise gestion, combinées à la dégringolade des prix du brut, menacent de plonger le pays dans une situation d'insolvabilité.

Avec AFP

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