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Kenya : sept anciens hauts responsables inculpés pour un gigantesque scandale de corruption


Un gardien de prison veille sur des prisonniers à la prison de Naivasha Maximum au Kenya, October 2014. (Gabe Joselow / VOA)

Un gardien de prison veille sur des prisonniers à la prison de Naivasha Maximum au Kenya, October 2014. (Gabe Joselow / VOA)

Un ex-ministre compte parmi les personnes inculpées mercredi par un tribunal kényan.

Le scandale pour lequel les 7 hauts responsables sont poursuivis est lié à des contrats publics remontant à la fin des années 1990 dans l'affaire "Anglo-Leasing.

L'affaire a éclaté au début des années 2000 après la découverte d'une série de 18 contrats d'une valeur totale de plus de 640 millions de dollars pour la fourniture de matériel de sécurité.

Le montant était accordé, d’après des dénonciations, à des sociétés fictives présumées liées à de hauts responsables de l'époque pour des prestations n’ont jamais été jamais fournies ou qui ont plutôt été largement surfacturées.

Plus de 200 millions de dollars ont été versés par l'Etat jusqu'à que le scandale éclate, quand il s'est avéré que l'une des principales sociétés adjudicataires, la britannique Anglo-Leasing, n'existait pas.

L'ancien ministre des Finances, Chris Obure, actuellement sénateur, a été inculpé d'abus de pouvoir, d'abus de confiance, et d'obtention d'avantages indus. Six hauts fonctionnaires des ministères des Finances, de la Sécurité et des Postes et des Télécommunications ont été inculpés des mêmes chefs.

Selon l'acte d'accusation, les inculpés - qui nient toute implication et ont tous été libérés sous caution - "ont lancé un appel d'offres (...) sans suivre les procédures prévues en la matière, un acte illégal préjudiciable aux droits du gouvernement kényan".

David Mwiraria, qui succéda à M. Obure au ministère des Finances avant d'être contraint à la démission après l'éclatement du scandale, devrait lui aussi être inculpé, mais il n'a pu comparaître mercredi pour des raisons de santé, selon son avocat.

Trois hommes d'affaires kényans - Chamanlal Kamani et ses deux fils Deepak et Rashmi Kamani -, absents du tribunal doivent également être inculpés et deux mandats d'arrêt ont été émis contre des hommes d'affaires étrangers.

L'escroquerie a commencé dans les années 1990, sous la présidence de l'autocrate Daniel arap Moi (1978-2002) et s'est poursuivi jusqu'à ce qu'elle éclate en 2004, sous la présidence de son successeur Mwai Kibaki (2002-2013).

Les contrats portaient notamment sur la fourniture d'un système de délivrance de passeports sécurisés, d'un laboratoire de police scientifique, d'hélicoptère et de navires de surveillance.

En mai dernier, le président Uhuru Kenyatta avait débloqué le paiement par l'Etat d'environ 16 millions de dollars à deux entreprises ayant bénéficié de contrats publics liés au scandale "Anglo-Leasing" et qui ont fait condamner l'Etat kényan devant des tribunaux à Londres et Genève.

Les autorités kényanes avaient fait valoir que ces condamnations empêchaient Nairobi d'émettre son premier emprunt obligataire international d'environ 1,5 milliard de dollars. Le ministre kényan du Trésor avait révélé qu'une autre entreprise liée aux contrats litigieux réclamait à son tour environ 34 millions de dollars au Kenya.

VOA/AFP

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