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Kenya : peu d'étudiants présents à la reprise des cours à l'université de Garissa


Un officier de sécurité fouille un étudiant qui entre à l'université de Garissa, au Kenya, le 4 janvier 2016. (AP Photo)

Un officier de sécurité fouille un étudiant qui entre à l'université de Garissa, au Kenya, le 4 janvier 2016. (AP Photo)

Seulement une vingtaine d'étudiants ont assisté à la reprise des cours, lundi, à l'université de Garissa qui a formellement rouvert la semaine précédente. En avril, 148 personnes y avaient été tuées par un commando shebab.

Une vingtaine d'étudiants se sont présentés, lundi 11 janvier, à la reprise des cours à l'université de Garissa, qui en accueillait environ 800 lorsqu'elle avait été attaquée en avril par un commando islamiste shebab, un massacre ayant fait au moins 148 morts, a constaté un journaliste de l'AFP.

L'essentiel des victimes étaient des étudiants résidant sur le campus : au moins 142 avaient été massacrés, la plupart de sang-froid. L'attaque de l'université de Garissa, le 2 avril à l'aube, est la plus meurtrière au Kenya depuis l'attentat en 1998, contre l'ambassade américaine à Nairobi, revendiquée par Al-Qaïda et qui avait fait 213 morts.

"Je suis très heureux de la réouverture (...) nous avons eu notre premier cours et l'université revient à la normale", s'est réjoui Shamza Abdi, une étudiante. "Le souvenir de beaucoup de nos amis que nous avons perdus ici reste présent, mais malgré ce qui est arrivé, la vie doit continuer", a-t-elle ajouté.

La plupart des étudiants ayant survécu au massacre ont été transférés dans d'autres établissements et, malgré les mesures de sécurité, ceux ayant repris les cours lundi étaient majoritairement originaires de la localité de Garissa, à 365 km de la capitale Nairobi et 150 km de la frontière somalienne.

"Ces étudiants qui ont été tués nous manquent vraiment et nous sommes amers (...) les gens de la région ont été vraiment touchés", a expliqué un autre étudiant, Hassan Kune Mire, mais "il est important pour nous que l'enseignement ait repris et que nous puissions poursuivre notre éducation".

Sécurité renforcée

L'université de Garissa avait formellement rouvert la semaine précédente, et la grande majorité des professeurs avaient répondu présents, selon le recteur de l'université, Ahmed Osman Warfa. Ce dernier avait annoncé que la sécurité avait été renforcée avec l'installation d'un poste de police au sein du campus et la future construction d'une clôture autour.

Les quatre membres du commando shebab avaient été abattus par les forces spéciales kényanes à l'issue de 16 heures de siège. Cinq hommes, soupçonnés d'être liés à l'attaque sans que leur rôle soit pour l'heure clairement établi, sont actuellement jugés à Nairobi pour des chefs de terrorisme et conspiration en vue de commettre un attentat.

Devant la Cour, des survivants sont venus ces derniers jours raconter le carnage, le réveil à l'aube par des explosions et des tirs, les assaillants séparant musulmans et non-musulmans, rassemblant les seconds avant de les aligner et de les abattre, les mares de sang dans lesquelles ils ont passé plusieurs heures à feindre d'être morts ou les piles de cadavres sous lesquels certains s'étaient cachés.

Ils ont aussi témoigné du sadisme des bourreaux s'amusant à humilier leurs victimes avant de les exécuter.

Les islamistes shebab, en difficulté sur le champ de bataille somalien face à la puissance de feu supérieure de l'Amisom - les troupes de l'Union africaine qui épaulent l'embryonnaire armée de Somalie - ont attaqué à plusieurs reprises ces dernières années le Kenya, un des principaux contributeurs en soldats de la force africaine, lors d'opérations parfois spectaculaires ayant fait au total plus de 400 morts depuis 2013.

Avec AFP

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