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Demande d'enquête sur l'argent issu d'un emprunt obligataire au Kenya


Uhuru Kenyatta, président du Kenya

Uhuru Kenyatta, président du Kenya

Les médias kényans ont évoqué la possibilité qu'une partie des deux milliards de dollars (1,9 milliard d'euros) de cette euro-obligation (eurobond) ait été détournée et l'opposition a reproché au gouvernement d'être incapable d'expliquer comment cet argent a été utilisé.

Le directeur du ministère public kényan a donné dix jours à la police et à la commission de lutte contre la corruption pour lui transmettre dépositions et preuves concernant de possibles irrégularités autour d'un emprunt obligataire de deux milliards de dollars.

Keriako Tobiko a envoyé une lettre à la police et la Commission d'éthique et anticorruption (EACC) leur demandant d'"interroger, recueillir des dépositions et obtenir des documents auprès de toutes les parties concernées et de transmettre un dossier complet à (ses) services dans les dix jours".

Les médias kényans ont évoqué la possibilité qu'une partie des deux milliards de dollars (1,9 milliard d'euros) de cette euro-obligation (eurobond) ait été détournée et l'opposition a reproché au gouvernement d'être incapable d'expliquer comment cet argent a été utilisé.

Le ministre des Finances Henry Rotich a assuré que tout l'argent avait été dépensé dans le respect des règles comptables, mais n'a pas encore été en mesure d'en apporter la preuve.

Le Kenya est confronté à de multiples scandales de corruption. En juillet, un rapport du Contrôleur général avait jeté une lumière crue sur l'ampleur de la corruption qui gangrène le pays: à peine 1% des dépenses du gouvernement y répondent aux règles comptables.

Confronté à une série de scandales au sein du gouvernement et des institutions, le président Uhuru Kenyatta a annoncé fin novembre une série de mesures destinées à lutter contre la corruption et démis de leurs fonctions cinq ministres soupçonnés d'être impliqués dans des affaires de corruption.

Quelques jours avant, une autre ministre, au coeur d'un scandale dans son ministère, où une enquête a révélé que les fonctionnaires gonflaient démesurément les dépenses, avait démissionné.

Plusieurs affaires d'accaparement de terres par des personnalités influentes ont également fait scandale cette année, ainsi que des accusations de complicité de hauts-gradés kényans dans un trafic de sucre en Somalie, lequel finance en partie les islamistes somaliens shebab, que l'armée kényane est censée combattre et qui ont tué plus de 400 personnes dans des attentats depuis deux ans au Kenya.

Lors de son séjour au Kenya la semaine passée, le pape François a appelé les dirigeants kényans à "travailler avec intégrité et transparence pour le bien commun" et à assurer "une juste distribution des ressources".

A la mi-novembre, une dizaine d'ambassadeurs des principaux bailleurs de fonds du Kenya - dont les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l'Union européenne, la France, l'Allemagne et le Japon - ont estimé que la corruption "compromet(tait)" l'avenir du pays en menaçant sa croissance économique et sa sécurité.

Dans l'Indice de perception de la corruption 2014 de l'ONG Transparency International, le Kenya est classé 145e sur 174 pays.

Avec AFP

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