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Kenya : l'opposition suspend ses manifestations après des violences mortelles


Des policiers kenyans pourchassent des manifestants qui ont érigé une barricade en flammes sur une rue, dans le bidonville de Kibera, à Nairobi, 23 mai 2016.

Des policiers kenyans pourchassent des manifestants qui ont érigé une barricade en flammes sur une rue, dans le bidonville de Kibera, à Nairobi, 23 mai 2016.

Plusieurs manifestations ont été organisées par l'opposition et plusieurs organisations de la société civile depuis le 25 avril, exigeant la dissolution de la commission électorale (IEBC) jugée favorable au camp présidentiel et ne garantissant pas l'équité de la présidentielle d'août 2017.

L'opposition kényane a annoncé mercredi qu'elle suspendait ses manifestations, violemment réprimées par la police, pour la dissolution de la commission électorale, afin de permettre l'ouverture d'un dialogue avec le gouvernement.

S'il n'y a "aucun effort concret pour établir un dialogue", a toutefois averti la coalition d'opposition (Cord), les manifestations hebdomadaires reprendront dès le 6 juin et "n'en seront que plus intenses".

Plusieurs manifestations contre la commission électorale (IEBC) ont été organisées par l'opposition et plusieurs organisations de la société civile depuis le 25 avril. Selon elles, la commission est favorable au camp présidentiel et ne peut garantir l'équité de la présidentielle d'août 2017, qui devrait opposer une nouvelle fois l'actuel président Uhuru Kenyatta, 54 ans, au chef de l'opposition, Raila Odinga, 71 ans.

Contrairement à 2007, l'élection de 2013 s'était déroulée dans le calme, mais le résultat avait été contesté par M. Odinga, ancien Premier ministre dans le gouvernement d'unité nationale formé après les violences post-électorales de 2007-2008 qui avaient fait plus de 1.100 morts.

M. Odinga accuse aujourd'hui les autorités de transformer le pays en un "Etat policier". "Nous sommes prêts et motivés pour entretenir un dialogue, c'est le meilleur moyen de sortir de cette crise à laquelle est confrontée notre Nation", assure l'opposition, tout en présentant ses condoléances aux proches des victimes et condamnant "les brutalités" policières.

Selon la police, trois personnes sont mortes lundi dans les manifestations dans l'ouest du pays : deux ont été tuées par balle par les forces anti-émeute à Siaya, la troisième est décédée après avoir chuté en fuyant les gaz lacrymogènes à Kisumu. Plusieurs policiers ont en outre été blessés durant les affrontements, notamment par des jets de pierre.

Les leaders de l'opposition quant à eux ont affirmé que plusieurs de leurs partisans avaient été "tués en divers endroits du pays". D'autres manifestations ont été dispersées à l'aide de gaz lacrymogènes et canons à eau à Nairobi et dans la grande ville côtière de Mombasa.

Mardi, les Nations unies et les principaux donateurs internationaux du Kenya - Grande-Bretagne, Etats-Unis, Union européenne - ont mis en garde contre cette "escalade de la violence" et appelé au dialogue.

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