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Wikileaks : le Kenya impliqué dans l’armement du Sud-Soudan selon des diplomates américains


Des chefs de l'armée du Sud-Soudnan lors de la prestation de serment du président sud-soudanais Salva Kiir le 21 mai 2010, à Juba

Des chefs de l'armée du Sud-Soudnan lors de la prestation de serment du président sud-soudanais Salva Kiir le 21 mai 2010, à Juba

L’implication du Kenya avait été exposé de manière embarrassante en 2008 lorsque le cargo ukrainien M/V Faina, battant pavillon du Bélize, avait été arraisonné en haute mer par les pirates somaliens. Ces derniers révèleront, par la suite, la présence à bord de 33 chars ukrainiens datant de l’époque soviétique ainsi que d’autres types d’armement. Cette cargaison était en route pour Juba, la capitale du Sud-Soudan.

La dernière série de télégrammes diplomatiques américains divulgués jeudi par le site Wikileaks lève un coin du voile sur le rôle du Kenya dans la vente controversée d’armes au gouvernement du Sud-Soudan.

Des notes secrètes de l’ambassade américaine à Nairobi confirment en effet le rôle longtemps suspecté du Kenya dans l’armement du Sud-Soudan. L’implication du Kenya avait été exposé de manière embarrassante en 2008 lorsque le cargo ukrainien M/V Faina, battant pavillon du Bélize, avait été arraisonné en haute mer par les pirates somaliens. Ces derniers révèleront, par la suite, la présence à bord de 33 chars ukrainiens datant de l’époque soviétique ainsi que d’autres types d’armement. Cette cargaison était en route pour Juba, la capitale du Sud-Soudan.

Le M/V Fina au large de la Somalie, près de Hobyo, lors du paiment de la rançon

Le M/V Fina au large de la Somalie, près de Hobyo, lors du paiment de la rançon

Le M/V Faina a été remis aux autorités kenyanes contre une rançon de 3,2 millions de dollars. Soupçonnés d’être des partenaires dans l’approvisionnement en armes du Sud-Soudan, les gouvernements kenyan et ukrainien ont publié de vigoureux démentis. Les chars étaient destinés à l’arsenal kenya, avait assuré le général Jeremiah Kianga, chef d’état-major général de l’armée kenyane, à l’intention de ses compatriotes.

« Ils appartiennent au Kenya. Je n’ai pas besoin d’insister. Ce qui vous appartient est vôtre. Et vous avez payé pour cette défense. Il revient aux soldats de vous défendre. La défense nécessite que nous nous procurions des armes. L’acquisition des armes est faite de manière compétitive et, comme vous le savez, le monde est devenu un village planétaire », avait déclaré chef d’état-major général de l’armée kenyane.

Salva Kiir, président du Sud-Soudan

Salva Kiir, président du Sud-Soudan

Toutefois, les télégrammes diplomatiques américains récemment publiés révèlent les soupçons des Etats-Unis quant à la destination finale des armes à bord du M/V Faina, de même que les conversations entre les autorités américaines et kenyane au sujet de ce cargo.

Un télégramme datant de la fin 2008 et envoyé par l’ambassadeur Michael Ranneberger dit, du fait que Juba soit la destination finale de la cargaison d’armes, qu’il s’agissait « d’un secret de polichinelle. » Selon le télégramme, que le Kenya est impliqué dans l’armement du Sud-Soudan depuis 2007, réceptionnant les armes et les acheminant sur Juba via l’Ouganda. Ranneberger explique que des responsables militaires kenyans n’étant pas à l’aise concernant ces arrangements avaient indiqué que leurs ordres venaient « d’en haut », ce que l’ambassadeur américain a interprété comme étant le président Mwai Kibakai.

Le président kenyan Mwai Kibaki

Le président kenyan Mwai Kibaki

Ces révélations suivent la publication de télégrammes de l’ambassade américaine à Addis-Abeba. L’ambassadeur américain John Yates y fait état des réserves de l’Ethiopie au sujet de l’initiative du Jubaland du Kenya ; une initiative décrite par le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi comme étant « une intervention » comparable, dit-il, l’invasion, par l’Ethiopie, de la Somalie en 2006.

Le Kenya s’est toujours positionné comme neutre, invitant à deux reprises le président soudanais Omar el-Béchir à Nairobi. Il reste à savoir comment la publication des télégrammes diplomatiques américains affectera le rôle du

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