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Kenya: enquête close sans résultats pour le meurtre d'un imam radical


 Aboud Rogo Mohammed, 2012. Source: AP

Aboud Rogo Mohammed, 2012. Source: AP

Aboud Rogo Mohammed, principal prédicateur de la mosquée Musa de Mombasa, présentée comme le coeur de l'islam radical kényan, avait été tué par balles à Mombasa en août 2012.

Aboud Rogo Mohammed, principal prédicateur de la mosquée Musa de Mombasa, présentée comme le coeur de l'islam radical kényan, avait été tué par balles à Mombasa en août 2012. Son assassinat avait déclenché plusieurs jours de graves émeutes dans la principale ville de la côte kényane, majoritairement peuplée de musulmans.

La mort dans les mêmes circonstances de son successeur Cheikh Ibrahim Ismail en octobre 2013, puis d'un de leurs proches, Abubaker Shariff Ahmed, alias Makaburi, en avril 2014, avait amené leurs partisans à évoquer des "exécutions extrajudiciaires" menées par les autorités kényanes. Le gouvernement kényan avait nié ces accusations.

En annonçant qu'il refermait son enquête, le magistrat Julius Nangea a expliqué qu'aucun témoin n'avait été en mesure d'identifier les tueurs. Il a aussi critiqué la police locale pour avoir trop tardé à répondre aux appels au secours de l'épouse de l'imam après la fusillade. Aucun membre de la famille de M. Rogo n'a pris part à cette procédure judiciaire, tous estimant que l'Etat kényan était responsable de sa mort. M. Rogo, qui faisait l'objet de sanctions de la part de l'ONU et des Etats-Unis, était accusé de recruter de jeunes Kényans pour aller se battre aux côtés des insurgés islamistes shebab en Somalie voisine, et de lever des fonds au profit de ces derniers.

Les meurtres de ces imams radicaux, mais aussi de figures modérées connues pour leurs positions anti-shebab, n'ont fait qu'accentuer les craintes d'une radicalisation de la jeunesse locale, confrontée à un chômage de masse.

Mombasa et sa côte de plages de sable blanc est l'une des destinations les plus prisées des touristes au Kenya. Mais face à la multiplication des violences ces dernières années, plusieurs pays occidentaux déconseillent désormais à leurs ressortissants de s'y rendre.

Avec AFP

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