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Kenya : des victimes de viol commis lors des violences de 2007-2008 réclament justice


Le vice-président kényan William Ruto, lors d'une audience à la Cour Pénale Internationale (CPI) à la Haye, 10 septembre 2013.
Le vice-président kényan William Ruto, lors d'une audience à la Cour Pénale Internationale (CPI) à la Haye, 10 septembre 2013.

Six femmes et deux hommes, tous kényans, ont demandé, lors d’une audience à la Haute Cour de Nairobi, que des poursuites soient lancées contre tous les auteurs d'agression sexuelle commis lors des violences post-électorales de 2007-2008.

Les plaignants ont demandé à la Haute Cour d'établir que des crimes contre l'humanité ont été commis lors des violences qui avaient suivi la réélection contestée du président Mwai Kibaki face à Raila Odinga en décembre 2007

L'audience a eu lieu une semaine après l'abandon par la Cour pénale internationale (CPI) du procès pour crimes contre l'humanité visant le vice-président kényan William Ruto. La CPI avait aussi abandonné fin 2014 les mêmes poursuites contre le président Uhuru Kenyatta, faute de preuves. Les deux affaires ont été entachées d'allégations de subornations de témoins et de faux témoignages..

Ces violences, les pires depuis l'indépendance du Kenya en 1963, avaient fait quelque 1.200 morts.

Affirmant chercher "la vérité, la justice et des réparations", les huit Kényans, six femmes et deux hommes, ont demandé à la Haute Cour de déterminer que ces violences relevaient de crimes contre l'humanité et que le gouvernement kényan doit donc tout faire pour que les responsables de violences sexuelles soient poursuivis. Leurs requêtes sont examinées par la justice kényane depuis mars 2014.

Quelque 50 personnes affirmant avoir été victimes de violences, sexuelles ou autres, s'étaient réunies devant le tribunal, brandissant des banderoles pour manifester leur soutien.

"Les survivants veulent que la vérité sur ce qui leur est arrivé soit connue et ils veulent que l'Etat reconnaisse qu'ils ont souffert", a indiqué le groupe dans un communiqué.

"Nous sommes ici pour soutenir huit survivants, victimes de viols collectifs et circoncis de force", a ajouté la même source, qualifiant ces huit victimes de "représentants emblématiques des milliers d'autres femmes, filles, hommes et garçons ayant subi des violences similaires".

Seuls quelques individus ont été poursuivis pour les violences de 2007-2008. Après l'abandon des poursuites contre William Ruto, le gouvernement a réitéré sa promesse de s'assurer que les victimes soient dédommagées.

"Les victimes et les survivants ne peuvent se satisfaire de la répétition de promesses politiques creuses", a prévenu le groupe de victimes. "Nos vies sont au point mort, nous méritons que justice soit rendue".

William Ruto et Uhuru Kenyatta doivent célébrer l'abandon des poursuites samedi à Nakuru (centre-ouest), lors d'une "prière collective de réconciliation" qui pourrait prendre des allures de lancement de la campagne du ticket Kenyatta-Ruto pour la présidentielle d'août 2017.

Avec AFP

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