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Des manifestants tentent de prendre les locaux de la commission électorale au Kenya


L'ancien Premier ministre Raila Odinga

L'ancien Premier ministre Raila Odinga

L'opposition réclame la dissolution de la commission électorale, assurant qu'on "ne peut pas lui faire confiance pour organiser une élection crédible".

Des leaders de l'opposition kényane ainsi que quelques centaines de leurs partisans ont été dispersés lundi par la police à l'aide de gaz lacrymogène alors qu'ils tentaient de pénétrer dans les locaux de la Commission électorale, dont ils réclament la dissolution en amont de la présidentielle de 2017, a constaté un journaliste de l'AFP.

La police a lancé la charge, tirant par ailleurs des coups de semonce, lorsque les manifestants, parmi lesquels l'ancien Premier ministre Raila Odinga, ont tenté de forcer le cordon policier formé devant le bâtiment de la Commission électorale (IEBC).

L'opposition réclame sa dissolution, assurant qu'on "ne peut pas lui faire confiance pour organiser une élection crédible". Elle lui reproche notamment d'avoir rejeté une pétition en vue d'organiser un référendum sur la Constitution.

"Nous ne sommes pas les seuls à le dire, les responsables de l'Eglise ont également dit que la commission doit être constituée différemment", avait déclaré Raila Odinga lors d'un rassemblement politique dimanche à Nairobi. "C'est pour cela que nous devons aller là-bas demain pour les éjecter."

En 2013, Raila Odinga avait été battu à l'élection présidentielle par Uhuru Kenyatta. M. Odinga et des groupes de la société civile avaient alors dénoncé de nombreuses irrégularités qui, selon M. Odinga, avaient faussé les résultats.

Lors de la prochaine élection présidentielle en août 2017, les deux hommes pourraient de nouveau s'affronter.

Alors que la foule se rassemblait devant l'IEBC, le chef de la police de Nairobi, Japheth Koome, avait indiqué que seuls quelques représentants de l'opposition pourraient pénétrer dans les locaux de la commission pour présenter leurs doléances.

Peu de temps avant la confrontation entre forces de l'ordre et manifestants, M. Koome a déclaré : "Leur discours n'est pas constitutionnel, leur intention est clairement de provoquer le chaos et nous ne le permettrons pas".

Raila Odinga a été évacué par son service de sécurité dès le début de l'intervention de la police.

"La commission s'engage à mettre en oeuvre le plan opérationnel des élections et à prendre d'autres mesures élaborées afin de s'assurer que le prochain scrutin soit libre et sans faille", a réagi dans un communiqué le porte-parole de la commission, Andrew Limo.

Qualifiant les événements de lundi d'intimidations, il a soutenu que la commission ne pourra mener à bien sa tâche si elle "est soumise à des perturbations, des agitations injustifiées, des ingérences et des interférences".

"La commission ne sera pas manipulée ou intimidée et ne succombera pas aux pressions dans l'exercice de son mandat", a-t-il conclu.

Avec AFP

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