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Trop controversée, la commission électorale kenyane jette l'éponge


Le président kenyan Uhuru Kenyatta à Nairobi, Kenya, 30 avril 2016. (EPA / Dai Kurokawa)

Le président kenyan Uhuru Kenyatta à Nairobi, Kenya, 30 avril 2016. (EPA / Dai Kurokawa)

Les membres de la commission électorale ayant supervisé les élections controversées de 2013 et dont l'image a été ternie par un scandale de corruption ont remis leur démission avant la fin de leur mandat en échange d'un chèque conséquent, ont rapporté jeudi les médias locaux.

Les neuf membres de la commission électorale (IEBC), dont son président, se partageront la somme de 2 millions de dollars, ont rapporté les médias au lendemain de l'annonce officielle par le gouvernement et l'IEBC d'un accord "sur les termes d'un départ digne".

De violentes manifestations de l'opposition menées en avril et mai 2016 contre l'IEBC, jugée favorable au président kényan Uhuru Kenyatta, avaient poussé le gouvernement à accepter de discuter du futur de la commission.

Mercredi, le gouvernement a assuré avoir cherché "un équilibre entre l'intérêt public, les exigences légales et constitutionnelles, les contrats des commissaires ainsi que les lignes directrices de la Commission des salaires et rémunérations". Les autorités n'ont pas publié le contenu de l'accord.

Le président de l'IEBC Ahmed Issack Hassan a affirmé que ses collègues et lui-même ne représentaient pas "un obstacle à la préparation des prochaines élections générales", prévues en août 2017, mais qu'ils avaient malgré tout accepté de démissionner.

L'IEBC est engluée dans la controverse depuis sa création en 2010, en remplacement de l'institution ayant supervisé les élections présidentielle et législatives de 2007, marquées par des violences politico-ethniques ayant fait plus de 1.100 morts.

Le scrutin présidentiel suivant, en mars 2013, avait été entaché par la défaillance du système biométrique d'enregistrement des électeurs, conduisant l'opposition à douter de la victoire de M. Kenyatta mais aussi de la capacité de l'IEBC d'organiser des élections crédibles en 2017.

Les scandales de corruption ont également terni l'image de la commission: en 2014, un tribunal du Royaume-Uni a jugé que deux dirigeants de la société britannique d'impression Smith & Ouzman avaient versé des pots-de-vin allant jusqu'à 380.000 euros afin d'obtenir les contrats pour l'impression de bulletins de vote kényans.

Le scandale a été baptisé "chickengate", du nom de code "chicken" (poulet) utilisé pour les pots-de-vin dans les communications entre la société et son contact au Kenya.

L'organisme britannique chargé de lutter contre la grande délinquance financière, le SFO, a transmis cette année aux autorités kényanes un dossier de preuves nommant plusieurs membres de la commission.

Mais en juillet, la Commission d'Ethique et de Lutte contre la Corruption a disculpé les officiels visés par le SFO et recommandé que d'autres responsables soient poursuivis.

Le Kenya doit à présent se doter d'une nouvelle commission en vue des élections générales du 8 août 2017, un processus qui pourrait prendre du temps et qui fait craindre aux éditorialistes kényans un report des prochaines elections.

Avec AFP

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