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Katumbi sur VOA Afrique : "Je rentrerai d'ici fin juillet à Kinshasa"


Moïse Katumbi, Lubumbashi, 2 juin 2015

Moïse Katumbi, Lubumbashi, 2 juin 2015

Moïse Katumbi bientôt de retour en RDC. Le candidat à la présidentielle était de passage aux Etats-Unis cette semaine. Il affirme sur VOA Afrique qu’il rentrera d’ici la fin du mois de juillet dans son pays et qu’il ne craint pas une éventuelle arrestation.

Pourquoi effectuer ce déplacement aux Etats-Unis ?

Moïse Katumbi : "J'ai participé à une discussion à l'Atlantic Council et j'ai eu des rencontres au Département d'Etat. J'ai aussi rencontré des sénateurs, des représentants au Congres mais aussi des ONG. Je ne suis pas venu pour moi mais pour les Congolais. Pour demander qu'on respecte la consitution et le délai constitutionnel dans notre pays."

Confirmez-vous votre volonté de rentrer en RDC prochainement malgré les menaces d'arrestation ?

Moïse Katumbi : "Ce n'est pas la première fois, je vais rentrer. Déjà, en 2010, on m'avait traduit en justice. J'ai gagné le procès en Belgique. C'est la même chose en ce moment en RDC avec ces Grecs qui veulent spolier mon grand frère. La maison appartient à mon grand frère. Je vais rentrer le plus vite possible, la semaine prochaine si mon médecin me donne l'accord, sinon en même temps que le président Tshisekedi à Kinshasa."

A Washington, vous avez aussi rencontré Darryl Lewis, qui a été accuse par les autorités congolaises d'activités de mercenariat.

Moïse Katumbi : " Oui, j'ai vu Darryl le soi-disant mercenaire. C'est une vaste blague. Ils ont dit que Darryl serait poursuivi aux Etats-Unis mais il est libre et j'étais avec lui au restaurant. Il m'a raconté ces conditions de détention à l'ANR. Dans le cachot où il était à Kinshasa, ils étaient au moins 300 détenus, certains attendent depuis deux ans d’être jugés. La Monusco doit aller vérifier la situation là-bas."

Vous avez rencontré Etienne Tshisekedi à Bruxelles et un accord a été conclu entre vous deux. Pourriez-vous vous désister au profit du président de l'UDPS dans le cadre d’une candidature unique de l’opposition ?

Moïse Katumbi : "Ce qui est le plus important pour nous, c'est le rassemblement de l'opposition. C'est la première fois dans l'histoire de la RDC que tous les opposants ont signé ensemble et disent non au dialogue du président Kabila. Nous allons mettre autour d’une table et discuter pour voir qui peut gagner les élections. Il y a plusieurs candidats mais on va travailler comme des frères et voir si on peut présenter un seul candidat de l’opposition."

Qu'est-ce qui explique le divorce politique entre vous et Joseph Kabila ?

Moïse Katumbi : "Si je suis parti c'est que j'ai compris qu'on voulait violer la constituion et ne pas respecter les delais constitutionnels. J'ai grandi dans une famille ou l'on respecte la parole donnee. Je me suis battu au niveau du parti et de la majorite presidentielle pour leur faire entendre que nous avions fait des promesses au peuple congolais. Je ne pouvais pas rester avec des gens qui font des manoeuvres. Je ne voulais pas trahir le peuple congolais."
Pensez-vous que la présidentielle aura lieu en 2016 en RDC ?

Moïse Katumbi : "Ce n'est pas moi qui pense mais la constitution et le peuple congolais. La Céni est obligée de convoquer l'élection présidentielle le 19 septembre 2016. S'il n'y a pas de convocation, il s'agirait d'une grande trahison et nous allons nous mobiliser avec des marches pacifiques. Le calendrier électoral est clair. Le 19 décembre, Joseph Kabila ne sera plus président de la République."

Propos recueillis par Nicolas Pinault

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