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Le Premier ministre ivoirien, Kablan Duncan, reconduit après sa démission


Le premier ministre ivoirien Daniel Kablan Duncan.

Le premier ministre ivoirien Daniel Kablan Duncan.

Le Premier ministre ivoirien Daniel Kablan Duncan, qui avait présenté sa démission ainsi que celle de son gouvernement mercredi matin, a été reconduit à son poste dans l'après-midi par le président Alassane Ouattara, réélu en octobre, qui veut "plus d'efficacité" pour son deuxième mandat.

Le président a chargé Daniel Kablan Duncan "de lui proposer, dans les meilleurs délais, un nouveau gouvernement", a annoncé le secrétaire général de la présidence Amadou Gon Coulibaly.

De source proche de la présidence, ce gouvernement, rajeuni et avec plus de femmes, devrait être dévoilé en début de semaine prochaine.

"La mise en place" d'un nouveau gouvernement "dans les tout prochains jours (...) aura comme objectif une plus grande cohésion pour plus d'efficacité dans l'action gouvernementale", a déclaré M. Ouattara dans la matinée avant le début de ce qui devait être le premier conseil des ministres de l'année.

Ce remaniement gouvernemental était attendu depuis plusieurs semaines en Côte d'Ivoire, qui a récemment retrouvé sa place de premier producteur mondial de cacao et de poids lourd économique d'Afrique de l'Ouest après une décennie de troubles.

Economiste ayant travaillé comme Ouattara à la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO), M. Kablan Duncan, 73 ans, est un cadre du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) de l'ex-chef de l'Etat Henri Konan Bédié, le principal allié de M. Ouattara.

Kablan Duncan, qui a su gagner la confiance du président, avait été nommé Premier ministre le 21 novembre 2012. M. Ouattara avait reconduit son gouvernement après avoir été facilement réélu dès le premier tour le 25 octobre dernier pour un second mandat, louant son travail et ses réalisations. Mais il avait en même temps confié à plusieurs reprises vouloir "rajeunir" l'équipe gouvernementale et y intégrer plus de femmes.

Le nouveau gouvernement devra s'atteler à la construction d'une "Côte d'Ivoire nouvelle", selon l'expression du président Ouattara qui a promis lors de son investiture de renforcer le processus de réconciliation, de mieux redistribuer les richesses, de lutter contre le chômage des jeunes et de rédiger une nouvelle Constitution qui devra être approuvée par voie référendaire.

"Je veux des résultats concrets dans l'emploi des jeunes (...) et le renforcement des principes de bonne gouvernance", avait insisté M. Ouattara dès sa réélection.

'Nouveaux visages'

Mercredi matin, M. Ouattara a "félicité" le Premier ministre pour sa "compétence", son "leadership" et son "action à la tête du gouvernement" et les autres membres du gouvernement "pour la bonne conduite des affaires de l'Etat" qui ont permis "le plébiscite" de l'élection présidentielle où il a obtenu plus de 83% des voix.

Auparavant, M. Kablan Duncan avait brièvement pris la parole. "Vous (le président Ouattara) avez exprimé votre volonté d'insuffler une nouvelle dynamique à l'action gouvernementale en procédant au réaménagement du gouvernement pour davantage d'efficacité dans la prise en charge des préoccupations essentielles de nos concitoyens".

"Conformément, donc à cette préoccupation, et, à l'entame de votre deuxième mandat, je voudrais comme le veut la tradition, vous présenter ma démission", avait-t-il ajouté.

Le gouvernement sortant, qui a été chargé "d'expédier les affaires courantes" dans l'attente du nouveau, était très politique, avec des personnalités des diverses formations de la coalition ayant amené Ouattara au pouvoir, tout en comprenant quelques postes clé pour des technocrates.

Le nouveau gouvernement devrait présenter de "nouveaux visages" tout en gardant une large représentativité de la coalition ayant soutenu Ouattara à la présidentielle, selon un bon connaisseur de la politique ivoirienne.

M. Kablan Duncan avait succédé en novembre 2012 à Jeannot Kouadio Ahoussou, autre membre du PDCI, écarté à la surprise générale, officiellement en raison de dissensions au sein de la majorité parlementaire.

M. Kouadio Ahoussou avait été nommé après la démission de Guillaume Soro (2007-2012), le chef de l'ex-rébellion des Forces nouvelles, élu président de l'Assemblée nationale, poste qu'il occupe toujours.

L'élection présidentielle de 2015, qui s'est déroulée sans incident majeur dans ce pays de 20 millions d'habitants, était jugée fondamentale pour tourner définitivement la page des violences meurtrières qui ont fait 3.000 morts après la victoire en 2010 de Ouattara sur l'ancien président Laurent Gbagbo.

Aevc AFP

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