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La journée "ville morte" à Bangui contre l'ONU se solde par trois morts et des blessés


A Bangui, les rues sont vides, le 24 octobre 2016. (VOA/Freeman Sipila)

A Bangui, les rues sont vides, le 24 octobre 2016. (VOA/Freeman Sipila)

A Bangui, la capitale de la RCA, est paralysée lundi par une journée ville morte à l’appel de la société civile. Ce mouvement, organisé pour exiger le départ de la Minusca, s’est soldée par la mort d’au moins trois personnes et de nombreux blessés.

Lundi matin, des Banguissois avaient érigé des barricades dans plusieurs quartiers pour bloquer la circulation des taxis. De nombreux commerces étaient fermés, ainsi que les banques.

L'appel du groupe de travail de la société civile a été largement suivi en dépit de l'appel au boycott lancé par le gouvernement. Toutes les activités ont été paralysées. Aucune structure même de l’Etat n’a ouvert ses portes. Tous les marchés sont restés fermés et la circulation est totalement paralysée.

La société civile a appelé à cette mobilisation en marge d'une pétition en circulation depuis la semaine dernière, exigeant le départ de la Minusca de la RCA. La mobilisation a dégénéré entre les forces de la Minusca et les manifestants dans le 1er arrd.

Trois civils ont été tués et trois autres blessés, selon la police.

Face à cette situation tendue, l’archevêque de Bangui, Cardinal Dieudonné Nzapalaïnga appelle au calme.

"La Centrafrique aspire à la paix", a-t-il déclaré, "La Centrafrique voudrait la sécurité, et il en revient à nous d'être les artisans de la paix, or avec la colère qui est montée, nous ne saurons plus nous contrôler".

"Je lance un appel au gouvernement qui a pour mission de protéger les Centrafricains", a-t-il poursuivi, soulignant que le contexte du regain de violence joue dans le ras-le-bol des habitants de Bangui.

Niant l’implication de ses forces dans l’incident, la Minusca affirme être toujours du côté des autorités et de la population Centrafricaine.

A Bangui, la journée des Nations-Unies célébrée ce jour est reportée à une date ultérieure. Le gouvernement a de son côté condamné l'initiative de la coordination de la société civile.

Des attaques de groupes armés dans plusieurs localités de province ont fait plusieurs dizaines de morts ces dernières semaines.

La Centrafrique peine à se relever du chaos de la guerre civile provoquée en 2013 par le renversement de l'ex-président François Bozizé par des rebelles séléka ("coalition" en sango) majoritairement musulmans, qui avait entrainé une contre-offensive des milices anti-balaka majoritairement chrétiennes.

L'intervention de la force française Sangaris et de la Minusca a certes réduit l'intensité des massacres mais n'a pas réussi à stabiliser la situation sécuritaire dans ce pays classé parmi les plus pauvres au monde.

Freeman Sipila, à Bangui

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